Le débat sur la révision ou le changement de la Constitution suscite de vives critiques à Kindu, chef-lieu de la province du Maniema. Pour plusieurs acteurs de la société civile, cette initiative traduit avant tout l’inconstance de la classe politique congolaise face aux enjeux nationaux.
Meshakh Kasongo, membre de la Dynamique des jeunes de la société civile, dénonce une contradiction flagrante dans le discours des dirigeants actuels.
« Cette situation démontre la versatilité de l’homme politique congolais. Cette Constitution a été défendue par l’UDPS depuis 2006, mais aujourd’hui elle devient subitement mauvaise, simplement parce que certains cherchent à prolonger le règne du président Félix Tshisekedi, au lieu de s’attaquer aux véritables problèmes de la population », a-t-il déclaré.
Selon lui, le débat en cours ne répond pas aux attentes urgentes des Congolais, confrontés notamment à l’insécurité, à la précarité économique et au manque de services sociaux de base. Il estime que remettre en cause la Constitution dans le contexte actuel revient à détourner l’attention des priorités nationales.
Dans la même logique, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une tentative de manipulation politique. Pour ces acteurs, la remise en cause d’un texte longtemps défendu par les mêmes responsables politiques illustre un manque de cohérence et de vision.
« Au lieu de chercher à améliorer les conditions de vie de la population, certains préfèrent relancer un débat qu’ils ont eux-mêmes longtemps combattu. Cela pose la question de la crédibilité de la classe politique et de ses véritables motivations », renchérit un acteur de la société civile locale.
À Kindu, cette lecture critique du débat constitutionnel gagne du terrain. Pour ses détracteurs, la priorité devrait rester la paix, la stabilité et le développement, plutôt qu’une réforme institutionnelle jugée inopportune.
Dans ce contexte, la question de la révision de la Constitution apparaît, pour une partie de l’opinion, comme un révélateur des contradictions et des intérêts politiques qui continuent de primer sur les attentes réelles de la population.
Adjany Bingila















