MediaCongo Press > BLOG > A la une > Portefeuille de l’Etat : la moitié des principales entreprises publiques n’ont pas publié leurs états financiers ( Banque mondiale )
La Banque mondiale dresse un diagnostic sévère de la gouvernance des entreprises publiques congolaises, pointant notamment l’absence de conseils d’administration compétents et indépendants comme l’un des principaux freins à leur performance. Cette alerte figure dans un rapport publié le mardi 24 mars à Kinshasa, intitulé « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques ».
Selon l’institution de Bretton Woods, de nombreuses entreprises publiques congolaises fonctionnent sans organes de gouvernance solides, ce qui affaiblit la supervision stratégique et favorise des pratiques de gestion peu transparentes. « De nombreuses entreprises publiques ne disposent pas de conseils d’administration compétents et indépendants », souligne le rapport, mettant en cause des nominations souvent éloignées des critères de mérite.
Ce déficit de gouvernance se reflète directement dans la qualité du reporting financier. En 2024, seules 10 des 20 principales entreprises publiques ont publié leurs états financiers, et à peine cinq l’ont fait de manière régulière sur les cinq dernières années. Une situation qui illustre des lacunes persistantes en matière de transparence et de reddition des comptes.
Au-delà des enjeux de gouvernance, indique le rapport, la faiblesse des conseils d’administration contribue à une dérive financière préoccupante. Les entreprises publiques, concentrées dans des secteurs stratégiques, accumulent dettes et arriérés, faisant peser un risque budgétaire croissant sur l’État.
Selon le document , des sociétés clés comme la SNEL, la REGIDESO, la SNCC, l’ONATRA et la Gécamines concentrent l’essentiel des déséquilibres. Ainsi, indique la Banque mondiale, la dette globale du portefeuille public est passée de 5,7 % du PIB en 2019 à 7,3 % en 2023, soit environ 42 % de la dette extérieure publique.
La situation est particulièrement critique pour la SNEL, qui représente à elle seule près de 75 % de cette dette, suivie par la Gécamines (16 %). À cette dette explicite s’ajoutent des passifs implicites importants, notamment des arriérés de salaires pouvant dépasser 100 mois dans certaines entreprises.
Des dysfonctionnements opérationnels persistants
L’absence de gouvernance efficace, souligne le rapport, se traduit également par des dysfonctionnements opérationnels majeurs. Les délais de recouvrement des créances dépassent 1 400 jours en moyenne, tandis que les paiements aux fournisseurs peuvent accuser des retards de plus de trois ans. Ces pratiques, fait savoir le rapport, traduisent une dépendance structurelle aux arriérés pour assurer la continuité des activités.
Djodjo Vondi
MediaCongo Press
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