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mercredi, avril 8, 2026
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Kinshasa/Bumbu : 500 FC exigés par des Kulunas pour traverser la rivière Kalamu

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En plein cœur de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, certaines infrastructures de base font cruellement défaut. Sur l’avenue Kokolo, dans la commune de Bumbu, un pont permettant de traverser vers l’entité à la commune voisine de Makala s’est effondré depuis décembre 2025, à la suite de fortes pluies. Plusieurs mois après cet incident, aucune intervention des autorités n’a été constatée. À la place, un pont de fortune en planches a été érigé par un groupe de jeunes communément appelés « Kuluna », qui en contrôlent désormais l’accès.

Pour traverser la rivière Kalamu à cet endroit, chaque usager est contraint de payer un montant de 500 francs congolais. Cette situation se déroule pourtant à quelques mètres seulement de la maison communale de Bumbu.

Les habitants rencontrés sur place décrivent une situation devenue banale, malgré son caractère préoccupant.

« Avant de passer ici, tout passager doit payer 500 francs congolais. Le pont s’est effondré en décembre 2025 après une forte pluie qui l’a emporté. Si tu n’as pas l’argent, tu dois demander ou traverser dans l’eau », explique un jeune membre du groupe contrôlant le passage.

« Chaque soir, nous retirons le pont en planches », ajoute-t-il, laissant entendre un contrôle total de cet accès stratégique.

Les riverains, notamment ceux des communes de Makala et Bumbu, continuent d’emprunter cet axe par nécessité, faute d’alternative viable.

Ressenti et conditions de vie

Sur place, le sentiment dominant est celui d’un abandon par les autorités municipales. La population se retrouve livrée à elle-même, contrainte de s’adapter à des conditions précaires et parfois dangereuses.
La traversée du pont de fortune exige une grande vigilance, au risque de tomber dans la rivière Kalamu, dont les eaux sont visiblement polluées, chargées de déchets et dégageant une forte odeur nauséabonde.

Problèmes sanitaires et urbanistiques

Au-delà de l’absence d’infrastructure, la zone est confrontée à une grave insalubrité. De nombreux habitants ne disposent pas d’installations sanitaires adéquates et déversent directement les matières fécales et autres déchets dans la rivière.

Les services d’hygiène sont quasiment inexistants dans cette partie de la ville. Selon plusieurs témoignages, aucune mesure d’assainissement ni interpellation n’a été enregistrée depuis des années. Par ailleurs, des constructions anarchiques ont été érigées le long de la rivière, souvent sur des emprises publiques.
Cette situation semble se faire avec une certaine tolérance, voire une complicité tacite de certaines autorités locales.

Contacté à ce sujet, le président du Conseil communal de cette municipalité, Guillon Bakuka, a indiqué que les mesures seront envisagées lors de la session ordinaire en cours.

« Nous sommes en session ordinaire dont l’ordre du jour porte notamment sur les questions environnementales. Nous allons en débattre en plénière et projeter une descente sur terrain pour nous rendre compte de la situation », a-t-il déclaré.

Un symbole de la faiblesse de l’État

La situation observée sur l’avenue Kokolo illustre les limites de l’action publique dans certaines zones urbaines de Kinshasa. Entre défaillance des infrastructures, insécurité informelle et insalubrité chronique, les habitants paient le prix d’un vide institutionnel de plus en plus visible.

Joslin Lomba

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