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lundi, avril 13, 2026
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Interdiction du cash en devises étrangères en RDC : une réforme aux risques majeurs avant des espoirs mesurés

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L’annonce de l’interdiction de l’utilisation du cash en devises étrangères à partir d’avril 2027 par le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, suscite de vives inquiétudes quant à ses conséquences économiques immédiates.

Contacté par Média Congo Press, l’économiste Giresse Samuel Munongo estime que cette réforme comporte avant tout des « risques non négligeables », surtout dans un contexte marqué par une faible confiance dans la monnaie locale.

Il prévient notamment qu’« une perte de confiance peut s’installer si la monnaie nationale demeure instable, poussant les citoyens à se tourner vers des alternatives informelles ».

Dans ce cas, « le développement d’un marché parallèle devient presque inévitable, avec une circulation clandestine des devises étrangères à des taux souvent plus élevés ».

L’économiste alerte également sur le risque de fuite des capitaux, affirmant que « les investisseurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, pourront retirer leurs fonds par crainte de restrictions accrues ».
Une telle dynamique peut fragiliser davantage l’économie nationale.

Sur le plan macroéconomique, il souligne que « forcer l’utilisation d’une monnaie locale faible peut entraîner une inflation aggravée », notamment si l’offre de biens reste dépendante des importations. Dans la même logique, « le commerce international peut être affecté, les partenaires étrangers exigeant généralement des paiements en devises fortes ».

Face à ces risques, Giresse Samuel Munongo insiste sur le fait que « ce type de réforme ne peut réussir sans des préalables solides ». Il cite notamment « la stabilité politique, la discipline budgétaire et la crédibilité de la banque centrale » comme conditions indispensables pour éviter un effet contre-productif.

Toutefois, malgré ces inquiétudes, l’économiste reconnaît que la mesure pourrait générer certains effets positifs à moyen ou à long terme. Selon lui, « l’obligation d’utiliser la monnaie nationale peut contribuer à renforcer sa demande et, potentiellement, sa stabilité ».

Il ajoute que « l’État pourrait améliorer son contrôle de la masse monétaire et de l’inflation en limitant la circulation des devises étrangères ».

Enfin, il estime que « la réduction de la dépendance aux monnaies fortes comme le dollar ou l’euro peut favoriser une plus grande souveraineté économique ».

Cette réforme apparaît comme un pari économique risqué, dont l’issue dépendra largement de la capacité des autorités à instaurer un climat de confiance et à accompagner la mesure par des réformes structurelles adaptées.

Joslin Lomba

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