À quelques heures du choc historique entre la République démocratique du Congo et le Portugal en Coupe du monde 2026, Kinshasa vit au rythme des Léopards.
Dans les rues de Matonge, Bandalungwa, Limete, Gombe, Kintambo ou encore Ngaliema, les couleurs bleu, rouge et jaune dominent désormais le paysage. Vareuses, drapeaux, peintures sur les visages et chants patriotiques : toute une nation retient son souffle avant ce rendez-vous planétaire.
Dans les marchés comme dans les bureaux, un seul sujet alimente les conversations : la capacité des hommes de Sébastien Desabre à créer l’exploit face à la Seleção portugaise.
Les vendeurs ambulants de maillots des Léopards réalisent des ventes records depuis plusieurs jours. « Aujourd’hui, même ceux qui ne regardent pas habituellement le football portent la vareuse nationale », confie un commerçant du marché central.
L’enthousiasme populaire dépasse largement le cadre sportif.
Après 52 ans d’absence au Mondial, la qualification historique de la RDC a réveillé une immense fierté nationale. Dès l’annonce de la qualification, Kinshasa avait explosé de joie dans une ambiance de liesse populaire rarement observée ces dernières années.
Dans plusieurs quartiers, des écrans géants ont été installés pour permettre aux supporters de suivre la rencontre collectivement. Bars, terrasses et espaces publics affichent déjà complet. Des groupes de jeunes sillonnent les avenues en scandant : « Allez les Léopards ! » tandis que des klaxons résonnent dans toute la ville.
Malgré la puissance du Portugal, emmené par plusieurs stars européennes, les supporters congolais restent étonnamment confiants. « Nous respectons le Portugal, mais nous n’avons peur de personne », lance Patrick Ndala, étudiant rencontré à Victoire, vêtu d’un maillot floqué Bakambu.
« Pour moi, le plus important c’est la qualification à cette compétition. Que l’on gagne ce match ou pas, cela m’importe peu », rétorque Yves Badjoko, cadre de l’ECiDé.
Le même état d’esprit semble habiter l’ensemble du pays.
Le président Félix Tshisekedi lui-même a affiché sa confiance envers les Léopards, affirmant récemment que les joueurs congolais étaient « capables de battre n’importe quel adversaire ».
Sur les réseaux sociaux, les messages d’encouragement affluent de la diaspora congolaise installée en Europe, aux États-Unis et au Canada. Plusieurs internautes décrivent déjà cette Coupe du monde comme « le tournoi de la renaissance congolaise ».
Au-delà du résultat sportif, cette participation historique représente un symbole fort d’unité et d’espoir pour des millions de Congolais. Dans une ville souvent confrontée aux difficultés quotidiennes, le football offre ce soir un rare moment de communion nationale.
À Kinshasa, une conviction semble désormais partagée : les Léopards peuvent rugir face au Portugal.
LM















