Weekly Gadgets

Find Us on Socials

mercredi, juillet 22, 2026
contact@congo-press.com
Politiquepriorite

Dialogue national : « Le pouvoir a fini par reconnaître la crise qu’il niait » (Michel Mwika)

Michel Mwika, porte-parole de la coalition Sauvons la RDC
38Views

Alors que le débat sur un dialogue national s’intensifie en République démocratique du Congo, Michel Mwika, membre confondateur de la coalition Sauvons la RDC et également Coordonnateur du Cadre de Concertation des forces politiques et sociales et Président National du Parti National pour la Nouvelle Énergie du Congo (PNEC), estime que le pouvoir a finalement reconnu l’existence de la crise politique qu’il contestait jusque-là. Dans un entretien accordé à Média Congo Press (MCP), il revient sur les conditions d’un dialogue qu’il souhaite réellement inclusif, critique la gestion des élections de 2023, analyse la stratégie du C64 et réaffirme la vision de son mouvement face aux défis politiques actuels.

MCP : La coalition Sauvons la RDC appelle depuis plusieurs mois à un dialogue national. Pourquoi estimez-vous que ce dialogue est aujourd’hui indispensable ?

Michel Mwika : La question est plutôt de savoir pourquoi le pouvoir, après avoir longtemps nié l’existence d’une crise politique nécessitant un dialogue, en appelle aujourd’hui à un. Sauvons la RDC ne supplie pas pour la tenue d’un dialogue. Nous estimons que la crise politique est née des élections chaotiques du 20 décembre 2023. Cette crise s’est aggravée et ne peut être résolue que par un dialogue national inclusif dont les résolutions seront opposables à tous.

Quels sont, selon vous, les principaux problèmes que ce dialogue devrait résoudre ?

Tous les problèmes majeurs découlent de cette crise politique issue des élections de 2023. Un dialogue national inclusif doit permettre d’y apporter des réponses durables et de rétablir un consensus national.

Le pouvoir affirme pourtant que les institutions fonctionnent normalement. Pourquoi un dialogue serait-il alors nécessaire ?

Si les institutions fonctionnent normalement, pourquoi le Président de la République a-t-il demandé au cardinal Fridolin Ambongo d’organiser un dialogue national ? Cela prouve qu’il existe bel et bien une crise multiforme née des élections organisées pendant sept jours et sept nuits.

Sur les conditions du dialogue

Votre coalition pose-t-elle des conditions avant d’y participer ?

À ce stade, nous considérons qu’aucun dialogue national inclusif n’a encore été formellement convoqué. Il existe une véritable cacophonie. Le cardinal Ambongo a parlé d’un dialogue inclusif, avant d’être contredit par Patrick Muyaya et M. Ejiba. Lorsque les choses seront clarifiées, Sauvons la RDC prendra officiellement position.

Le retour de Joseph Kabila et d’autres personnalités politiques en exil constitue-t-il un préalable ?

Le président Joseph Kabila a toujours placé l’intérêt du pays au-dessus de sa personne. Pour nous, le premier préalable est de mettre fin à la tyrannie. Le reste suivra naturellement.

Comment éviter que ce dialogue ne se transforme en simple partage des postes ?

Notre parti, le PNEC, aujourd’hui suspendu pour son appartenance à Sauvons la RDC, avait déjà proposé un dialogue national inclusif dès 2020 pour refonder le pays à l’horizon du centenaire de l’indépendance. Nous avons salué l’initiative de la CENCO et de l’ECC à travers le Pacte social pour la paix. Plusieurs acteurs y ont adhéré. Cela nous permet d’espérer que cette fois, le dialogue sera orienté vers les véritables intérêts du pays.

Qui devrait organiser ou faciliter ce dialogue ?

Pour nous, il n’existe toujours pas d’initiative formelle. Toutefois, l’ECC et la CENCO, qui nous avaient consultés il y a plus d’une année et disposent de l’expérience des précédents dialogues, sont les mieux placées. Des États ou des organisations internationales pourraient intervenir comme observateurs.

Sur la position du C64

Comment analysez-vous le report de la marche annoncée par le C64 ?

Le C64 avait été créé notamment pour empêcher toute modification de la Constitution et faire échec aux ambitions d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi. À ce jour, aucun de ces objectifs n’a été atteint. J’invite donc ses responsables à la prudence.

Ce report traduit-il une faiblesse politique ?

Je constate simplement que la loi sur le référendum est toujours pendante devant la Cour constitutionnelle, que Félix Tshisekedi n’a jamais renoncé publiquement à un éventuel troisième mandat, qu’aucun prisonnier politique n’a été libéré et qu’il ne s’est toujours pas exprimé officiellement en faveur d’un dialogue national inclusif.

Sauvons la RDC partage-t-elle la stratégie du C64 ?

Notre stratégie repose sur la prudence, car nous avons affaire à un régime qui renie constamment ses engagements. Je ne pense pas que le C64 partage cette approche.

Existe-t-il néanmoins une convergence entre les deux plateformes ?

Oui. Le C64 a rejoint Sauvons la RDC sur plusieurs combats, notamment la défense de la Constitution, la lutte contre la tyrannie et la promotion de l’alternance au sommet de l’État.

Certains reprochent à l’opposition d’être trop divisée pour constituer une véritable alternative. Que leur répondez-vous ?

Malgré leurs sensibilités différentes, les forces de l’opposition ont réussi à pousser le pouvoir à envisager des gestes d’apaisement. L’opposition n’est pas divisée ; elle est complémentaire. Chaque organisation apporte sa contribution dans le combat pour sauver la République démocratique du Congo de la tyrannie.

Propos recueillis par Roberto Tshahe Da Cruz.

Laisser un commentaire