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Mines de cobalt en RDC : entre 2 000 et 5 000 tonnes d’uranium exportées vers la Chine

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Une enquête de Lighthouse Reports et du Financial Times, publiée le 30 juillet 2026, révèle que des cargaisons d’hydroxyde de cobalt provenant de la République démocratique du Congo auraient contenu de l’uranium. L’enquête s’appuie notamment sur un mémo confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), obtenu en 2024.

Daté de 2009, ce document interne de l’AIEA faisait état d’informations jugées crédibles selon lesquelles l’uranium était présent en « quantités significatives » dans la plupart des minerais de cobalt du Katanga et qu’il était « effectivement exporté comme sous-produit du cobalt ».

Ces informations ont conduit Lighthouse Reports à mener une enquête en partenariat avec le Financial Times et Le Monde. Le principal site minier mis en cause, propriété du groupe chinois CMOC, conteste les conclusions de l’enquête.

Entre 2 000 et 5 000 tonnes d’uranium estimées

Selon une étude scientifique publiée le 30 juillet 2026 dans Nature Communications, entre 2 000 et 5 000 tonnes d’uranium auraient été exportées de la RDC vers la Chine dans des cargaisons d’hydroxyde de cobalt entre 2000 et 2024.

Pour parvenir à cette estimation, les chercheurs Sébastien Philippe et Ryan Manzuk ont analysé les concentrations d’uranium connues dans les minerais du Katanga et utilisé une modélisation géochimique afin d’estimer les volumes potentiellement exportés par différentes mines.

L’étude précise que même l’estimation basse, soit 2 000 tonnes, représenterait une quantité suffisante pour alimenter un réacteur nucléaire d’un gigawatt pendant une décennie ou davantage.

L’enquête ne permet toutefois pas d’établir si cet uranium a ensuite été utilisé en Chine, ni de quelle manière.

Des exportations principalement destinées à la Chine

Depuis 2009, la production de cobalt en RDC a fortement augmenté. Le minerai est majoritairement destiné à la Chine, qui assure une grande partie du raffinage mondial du cobalt.

Les journalistes du Financial Times ont notamment analysé les données de production des mines ainsi que les données commerciales concernant l’achat d’acide phosphorique, un réactif utilisé pour retirer l’uranium du cobalt avant son exportation.

Selon l’enquête, ces données indiquent que le retrait de l’uranium en RDC ne se pratiquait pas à une échelle suffisante pour traiter l’ensemble du minerai concerné.

Les journalistes ont également tenté d’utiliser des images satellites hyperspectrales pour identifier la présence d’uranium dans les bassins et les terrils de résidus miniers. Cette piste n’a toutefois pas permis d’obtenir de preuve supplémentaire.

L’enquête s’appuie ainsi principalement sur le mémo de l’AIEA, les données minières et commerciales, des témoignages de professionnels du secteur ainsi que les travaux scientifiques consacrés aux concentrations d’uranium dans les minerais du Katanga.

 

Joslin Lomba

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