Le président du parti politique Congo Positif, Dieudonné Nkishi, dit ne plus comprendre clairement les revendications de l’opposition congolaise, qu’il estime « en perte de vitesse ».
Contacté par la rédaction de Médiacongo Press (MCP), Dieudonné Nkishi relève ce qu’il considère comme des positions changeantes de l’opposition. Selon lui, celle-ci réclame tantôt l’ouverture d’un dialogue, tantôt le respect de l’ordre constitutionnel, avant d’annoncer désormais une marche prévue le 15 septembre pour s’opposer à l’examen de la loi portant organisation du référendum.
Pour le président de Congo Positif, cette mobilisation de l’opposition risque de se solder par un échec.
« Je ne comprends plus concrètement ce que l’opposition revendique. Tantôt elle réclame le dialogue, parfois le respect de l’ordre constitutionnel et maintenant, elle annonce une marche à l’Assemblée nationale pour bloquer la loi portant organisation du référendum », a-t-il déclaré.
« Ce n’est pas une opposition »
Dieudonné Nkishi s’en prend également à la composition actuelle de l’opposition, estimant que certaines personnalités qui s’en réclament sont citées dans différents dossiers judiciaires et ne seraient pas en mesure d’incarner une véritable alternative politique.
« En politique comme en science, les mots ont leur sens. L’opposition, c’est un cercle de vertus, c’est un cercle de valeurs », a-t-il soutenu.
Il estime que les personnalités citées dans des dossiers de violences, de détournements de fonds ou d’autres affaires controversées ne peuvent, selon lui, prétendre représenter l’opposition.
« Si l’opposition est constituée de ces gens-là, qui ont les mains sales, qui traînent des casseroles, ce n’est pas une opposition », a-t-il insisté.
Sur la présence de Kabila et Nangaa au dialogue
Réagissant à la demande de Martin Fayulu de voir notamment Joseph Kabila et Corneille Nangaa prendre part à un éventuel dialogue, Dieudonné Nkishi considère cette exigence comme révélatrice, selon lui, d’une dépendance politique à l’ancien chef de l’État.
« C’est normal, parce qu’ils sont tous les porte-parole de Kabila. On se rend compte que tous ces gens ne font la politique que par Kabila, au nom de Kabila et pour Kabila », a-t-il déclaré.
Il estime que cette revendication pourrait être interprétée comme la reconnaissance, par les intéressés eux-mêmes, de leur dépendance à Joseph Kabila et à Corneille Nangaa.
Dieudonné Nkishi va jusqu’à établir un lien politique entre certaines revendications de l’opposition et l’AFC/M23, estimant que les positions exprimées par certains acteurs peuvent être interprétées comme une proximité avec cette rébellion.
Un appel à la prudence sur une éventuelle grâce présidentielle
Enfin, le président de Congo Positif invite le chef de l’État à la prudence concernant une éventuelle grâce présidentielle en faveur de personnes condamnées dans des affaires liées aux violences dans l’Est de la RDC.
Il cite notamment Joseph Kabila et Corneille Nangaa et estime que leur éventuel pardon, dans le cadre d’un dialogue national, pourrait être mal perçu par les Congolais ayant perdu des proches dans les violences qui secouent l’Est du pays.
Pour Dieudonné Nkishi, toute initiative de dialogue doit ainsi tenir compte de la mémoire des victimes et des attentes des populations affectées par les conflits.
Daniel Aloterembi















