La rentrée scolaire 2026-2027 a été marquée par une faible affluence, ce mardi 1er septembre, dans plusieurs établissements scolaires de la ville de Kikwit, chef-lieu de la province du Kwilu, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans plusieurs écoles primaires et secondaires publiques visitées, les salles de classe sont restées quasiment vides. Élèves et enseignants étaient absents, alors que les activités scolaires étaient officiellement censées reprendre ce mardi sur l’ensemble du territoire national.
À l’Institut Lemfu, par exemple, les activités n’ont pas véritablement démarré. Même constat à l’École primaire Ndangu, où la présence des enseignants est restée particulièrement faible.
« Nous n’avons reçu que deux enseignants sur une trentaine. Aucun élève n’est arrivé. Je pense qu’ils ont suivi le mot d’ordre de grève décidé lors de l’assemblée générale extraordinaire des enseignants tenue il y a quelques jours », a expliqué Lessa Chantal, directrice adjointe de l’EP Ndangu.
À l’EP 3 Luzingu, la situation était similaire. Aucun élève n’avait rejoint les salles de classe au moment de la visite.
« Je ne sais pas pourquoi les parents gardent encore les enfants à la maison alors que c’est la rentrée scolaire aujourd’hui », a regretté Mukoso Taba Marie-Jeanne, directrice de l’établissement.
À l’Institut Kulemfuka, le constat était encore plus frappant : ni élèves ni enseignants n’étaient visibles dans l’établissement.
Pour certains parents, cette situation traduit surtout les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés les enseignants.
« Que le gouvernement prenne en compte les revendications des enseignants afin que nos enfants puissent étudier dans de bonnes conditions », a plaidé Déo Mukati, parent d’élève.
Quelques écoles ont repris normalement

Contrairement à ces établissements, certaines écoles ont effectivement repris les cours dès le premier jour de la rentrée.
Au collège Sadisana, établissement géré par la Compagnie de Jésus, la présence des enseignants et des élèves était remarquable. Selon la direction, près de 90 % des élèves ont répondu présents et les cours ont démarré conformément au calendrier scolaire.
« À Sadisana, nous avons respecté le calendrier scolaire. Tout est sur les rails dès aujourd’hui. Les cours ont réellement démarré. Sadisana figure parmi les écoles modèles de la ville de Kikwit », a déclaré le père Liévin Kambundji, préfet des études.
Même situation à l’Institut Moyo, géré par la Communauté baptiste du Congo-Ouest (CBCO). Sur les 27 enseignants que compte l’établissement, 21 se sont présentés et ont participé au démarrage des activités scolaires.
« Nous avions déjà tout préparé depuis longtemps et nous avons commencé le jour prévu. Vingt et un enseignants sur 27 se sont présentés et ont commencé les cours », a expliqué Hippolyte Ngiama, préfet des études.
L’Institut Luzolo figure également parmi les établissements où les activités scolaires ont effectivement repris.
Les autorités évaluent la situation

Pour s’assurer de l’effectivité de la rentrée, les autorités de la Division provinciale de l’Éducation nationale, Kwilu 2, accompagnées de la maire de Kikwit, Charlotte Lula, ont effectué une tournée dans plusieurs établissements scolaires de la ville.
Cette descente sur le terrain intervient après le lancement officiel de l’année scolaire au lycée Siama. Elle devait notamment permettre aux autorités de constater le niveau de reprise des cours et d’identifier les éventuelles difficultés rencontrées dans les établissements.
Cette première journée de classe reste donc contrastée à Kikwit : si certaines écoles ont renoué avec les cours conformément au calendrier, d’autres sont restées paralysées par l’absence des enseignants et des élèves, sur fond de revendications sociales dans le secteur de l’éducation.
Badylon Kawanda Bakiman















