En pleine saison sèche, une importante étendue d’eau stagnante s’est formée depuis plusieurs semaines sur l’avenue du Cimetière, au quartier Camp Luka, dans la commune de Ngaliema. Ce « lac » artificiel entrave fortement la circulation, complique les déplacements des habitants et affecte les activités des petits commerçants.
Sur place, les usagers sont contraints de choisir entre plusieurs options pour franchir la zone inondée : se faire porter par des jeunes du quartier moyennant 500 à 1 000 francs congolais, emprunter un pont de fortune contre 500 francs, ou traverser directement l’eau stagnante, au risque d’entrer en contact avec des déchets et une eau potentiellement insalubre.
La situation est particulièrement difficile pour les passagers en provenance du pont Lubudi et ceux qui se dirigent vers l’avenue Bambaka. Les motos, notamment les deux et trois roues, sont obligées de s’arrêter sur l’avenue Tingi-Tingi. Les véhicules, eux, évitent cette partie de l’axe, obligeant certains usagers à poursuivre leur trajet à pied, notamment vers le cimetière de Kintambo.
Les petits commerces au ralenti
Cette dégradation des conditions de circulation affecte également l’économie locale. Plusieurs vendeurs ont déplacé leurs activités vers les abords du cimetière, tandis que ceux qui sont restés sur place déplorent une baisse importante de leur clientèle.
« Les clients ne viennent plus comme avant. Avec cette eau, les gens ont peur de passer et préfèrent aller ailleurs », témoigne un commerçant rencontré sur place.
Selon des habitants, les eaux proviendraient notamment de forages situés sur l’avenue Tingi-Tingi et convergeraient vers cette partie de Camp Luka. L’absence d’un système d’évacuation efficace, ainsi que l’obstruction des caniveaux, aurait favorisé leur accumulation.
Édouard Nganga, habitant du quartier, explique que cette eau s’est progressivement accumulée après la fermeture d’un passage qui permettait auparavant son écoulement vers la rivière Maluku.
« Cette eau avançait petit à petit depuis un moment. Elle provient des avenues Tingi-Tingi et autres. Il fallait qu’elle traverse l’avenue Bambaka pour atteindre la rivière Maluku. Par prudence, pour éviter les inondations, l’axe a été fermé. C’est la raison pour laquelle l’eau n’avance pas », affirme-t-il.
La crainte d’une aggravation
Au-delà des difficultés de circulation, les riverains redoutent désormais une aggravation de la situation. L’accumulation permanente des eaux pourrait exposer les habitations et parcelles voisines à des inondations, tout en favorisant l’insalubrité et les risques sanitaires.
Pour Jeancy Mpasi, commerçant du secteur, une intervention urgente des autorités est nécessaire, mais elle doit tenir compte de la configuration du terrain.
« Cette eau n’ira nulle part. Cette partie est en mauvais état. Si l’on crée un passage pour ramener l’eau jusqu’à la rivière, nous risquons d’être inondés. Nous demandons à l’Hôtel de ville d’envoyer un camion pour curer cette eau et, ensuite, de jeter des pierres pour remonter ce trou », plaide-t-il.
Longue d’environ 1,3 kilomètre, l’avenue du Cimetière avait été réhabilitée en 2022. Quelques années plus tard, plusieurs tronçons sont de nouveau fortement dégradés. Les travaux engagés sur cet axe seraient à l’arrêt depuis plusieurs mois, notamment après le bétonnage du pont Maluku.
Pour les habitants de Camp Luka, l’urgence est désormais de rétablir la circulation, d’assurer l’évacuation des eaux et de réhabiliter durablement cette route, devenue un axe important reliant plusieurs quartiers de Ngaliema et facilitant les échanges vers Selembao et les zones riveraines de la rivière Maluku.
Joslin Lomba














