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El Niño 2026-2027 : la RDC appelée à renforcer sa vigilance face aux risques climatiques

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La République démocratique du Congo est appelée à suivre de près l’évolution d’El Niño au cours des prochains mois. Déjà bien installé dans le Pacifique tropical, le phénomène devrait encore se renforcer avant d’atteindre une très forte intensité vers la fin de 2026, avec des effets climatiques susceptibles de se prolonger jusqu’en 2027.

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la probabilité qu’El Niño persiste jusqu’en février 2027 est proche de 100 %. L’agence onusienne prévient que cet épisode pourrait entraîner d’importantes modifications des régimes de températures et de précipitations dans plusieurs régions du monde, avec une hausse des risques de pluies extrêmes, d’inondations, de sécheresses et de fortes chaleurs.

Pour la RDC, ces prévisions ne permettent toutefois pas d’annoncer une évolution identique dans toutes les provinces. L’impact d’El Niño varie selon les régions, les saisons et l’influence d’autres phénomènes climatiques. L’OMM souligne d’ailleurs que l’intensité d’un épisode El Niño ne détermine pas, à elle seule, la gravité de ses conséquences dans un pays donné.

L’est de la RDC parmi les zones à surveiller

Les prévisions saisonnières de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) indiquent, pour octobre à décembre 2026, une probabilité de précipitations normales à supérieures à la normale dans l’est de la RDC. Cette situation contraste avec les conditions plus sèches attendues dans une grande partie de l’Afrique australe.

Dans les zones susceptibles de recevoir davantage de précipitations, des épisodes de pluies abondantes pourraient accroître les risques d’inondations, d’érosion, de glissements de terrain et de perturbations des infrastructures, en particulier dans les secteurs déjà vulnérables.

La situation devra toutefois être appréciée à l’échelle locale, les prévisions saisonnières ne permettant pas de déterminer à elles seules la survenue d’un événement extrême précis.

Kinshasa : le drainage au centre des préoccupations

Dans la capitale, l’un des principaux enjeux concerne la capacité des réseaux de drainage et d’assainissement à faire face à d’éventuels épisodes de pluies intenses.

Des précipitations importantes peuvent entraîner des ruissellements, des inondations urbaines et une dégradation accélérée des routes lorsque les caniveaux sont obstrués ou que les ouvrages d’évacuation des eaux sont insuffisants.

La surveillance des prévisions météorologiques à courte et moyenne échéance apparaît ainsi essentielle durant les périodes pluvieuses, notamment dans les zones déjà exposées aux inondations.

L’agriculture également exposée

Le secteur agricole figure parmi les plus sensibles aux variations du régime des précipitations.

Des pluies trop abondantes peuvent provoquer l’engorgement des sols, l’érosion et la destruction de certaines cultures. À l’inverse, des périodes sèches plus longues peuvent perturber les semis, réduire les rendements et affecter les ressources en eau.

Les conséquences peuvent également se répercuter sur les marchés, notamment à travers une baisse de l’offre de certains produits, une hausse des coûts de production et une pression sur les prix alimentaires.

L’OMM recommande d’ailleurs aux secteurs sensibles au climat, dont l’agriculture, la santé et la gestion de l’eau, de renforcer leur préparation et leurs systèmes d’alerte précoce face à l’épisode annoncé.

Des températures élevées à surveiller

El Niño intervient également dans un contexte de températures mondiales élevées. Pour la période septembre-novembre 2026, les prévisions de l’OMM font état d’une probabilité accrue de températures supérieures à la normale sur une grande partie des terres émergées.

En RDC, des périodes de chaleur plus marquées pourraient notamment accroître les besoins en eau et les risques liés au stress thermique, en particulier dans les zones urbaines.

Les épisodes de fortes pluies constituent, de leur côté, un risque pour l’accès à l’eau potable et l’assainissement lorsque les réseaux sont dépassés ou endommagés.

Des effets différents selon les régions

Les perspectives de la SADC illustrent la diversité des effets attendus. Pour octobre-décembre 2026, des conditions déficitaires sont notamment privilégiées dans plusieurs pays d’Afrique australe, alors que des précipitations normales à supérieures à la normale sont attendues dans certaines zones du nord et de l’est de la région, dont l’est de la RDC.

Cette configuration rappelle qu’El Niño ne signifie pas nécessairement « plus de pluie » ou « moins de pluie » partout. Ses effets dépendent de la localisation, de la période de l’année et de l’interaction avec d’autres facteurs climatiques.

Anticiper les effets plutôt que subir

Pour la RDC, l’enjeu sera donc de renforcer la surveillance météorologique et les systèmes d’alerte afin d’adapter les réponses aux conditions observées dans chaque région.

À Kinshasa, cela passe notamment par une attention accrue aux zones exposées aux inondations, au drainage et à l’évacuation des eaux. Dans les provinces agricoles, les informations climatiques peuvent aider les producteurs à adapter les calendriers agricoles et à mieux gérer les ressources en eau.

El Niño 2026-2027 ne permet pas de prédire une catastrophe précise en RDC. Il constitue cependant un facteur climatique majeur à prendre en compte dans la planification des secteurs exposés aux variations des précipitations et des températures.

La capacité à transformer les prévisions météorologiques en mesures d’anticipation sera déterminante pour limiter les éventuels effets sur les populations, les infrastructures, l’agriculture et la santé au cours des prochains mois.

 

Roberto Tshahe Da Cruz

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