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samedi, mars 7, 2026
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Guerre en RDC : après Washington, Kinshasa pousse l’Union européenne à sanctionner Kigali

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Après les sanctions imposées par les États-Unis à l’encontre de responsables militaires rwandais, Kinshasa multiplie les initiatives pour convaincre Union européenne d’adopter une approche similaire vis-à-vis de Kigali, accusé de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23/AFC) dans l’est de la République démocratique du Congo.

Début décembre, le Département du Trésor des États-Unis a ciblé plusieurs hauts gradés de l’armée rwandaise dans le cadre de la loi Global Magnitsky Act, les accusant d’« appuyer activement, former et combattre aux côtés » du M23. Parmi les personnalités visées figurent le général de division Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée rwandaise, et le général Mubarakh Muganga, chef d’état-major de la défense.

Ces sanctions interviennent après la prise d’Uvira, dans le Sud-Kivu, par les combattants du M23 et des éléments rwandais, quelques jours seulement après la signature, à Washington, d’un accord de paix entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, sous médiation américaine.

Kinshasa mobilise à Bruxelles

Face à cette dynamique, Kinshasa souhaite entraîner l’Union européenne sur la voie tracée par Washington. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a accordé plusieurs entretiens à la presse bruxelloise afin de dénoncer ce que son entourage qualifie d’« incohérences » dans la position européenne.

L’objectif est clair : obtenir un alignement des sanctions de l’UE sur celles décidées par les États-Unis. Les autorités congolaises demandent également la suspension de l’accord controversé entre l’UE et le Rwanda sur l’accès aux minerais stratégiques, que Kinshasa accuse d’encourager l’exportation illégale de coltan et de cobalt en provenance de son territoire.

Autre point sensible : le financement européen de la mission militaire rwandaise au Mozambique. Plusieurs millions d’euros doivent encore être versés dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix afin de soutenir les Forces de défense rwandaises déployées dans la province de Cabo Delgado pour sécuriser un projet gazier d’envergure exploité par TotalEnergies.

Or, selon Washington, toute transaction impliquant des entités sanctionnées pourrait exposer institutions et partenaires financiers à des mesures restrictives.

Bruxelles hésite encore

En mars dernier, l’Union européenne avait déjà sanctionné plusieurs dirigeants du M23, des responsables militaires rwandais ainsi que des acteurs économiques soupçonnés d’être impliqués dans le trafic de minerais de la RDC. Cependant, à Kinshasa, ces mesures sont jugées insuffisantes face aux enjeux de la situation actuelle.

Plusieurs proches du président Félix Tshisekedi ont récemment exprimé leur frustration face à l’absence d’initiatives supplémentaires de la part de l’UE, malgré les accusations répétées à l’encontre de Kigali.

De son côté, le Rwanda continue de démentir tout soutien au M23 et accuse Washington de partialité. Cette position est toutefois fragilisée par les déclarations du chef politique de la rébellion, Bernard Bisimwa, qui a récemment reconnu l’appui rwandais.

Un duel jusqu’à la Francophonie

Les tensions entre Kinshasa et Kigali pourraient également avoir des répercussions sur l’élection du prochain secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), prévue lors d’un sommet au Cambodge.

La RDC a choisi de soutenir la candidature de Juliana Lumumba, fille du premier Premier ministre congolais Patrice Lumumba, face à l’actuelle titulaire du poste, l’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo.

 

Cink Inkonge

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