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Infrastructures: la RDC prône une révolution pour en finir avec le « tout-réparatif »

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Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a appelé, mercredi 8 avril 2026, à un changement profond dans la gestion des infrastructures publiques, invitant à rompre avec une approche centrée sur la « réparation permanente » au profit d’une vision durable et structurée.

Lors de l’ouverture de la première conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics, organisée au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, le chef de l’État a dressé un constat sans concession sur l’état du réseau infrastructurel du pays.

« Nous devons sortir d’une logique de réparation permanente pour entrer dans une véritable culture de système qui planifie, qui entretient, qui anticipe et qui évalue sur le cycle de vie des ouvrages », a-t-il déclaré devant un parterre d’acteurs publics et privés.

Vers une approche intégrée et durable

Au cœur de cette orientation, une transformation des pratiques de gouvernance des infrastructures. Il ne s’agit plus seulement de construire, mais d’inscrire chaque projet dans une logique globale intégrant la conception, la maintenance, l’adaptation aux évolutions environnementales et l’évaluation continue.

Le président de la République a notamment insisté sur la nécessité d’intégrer les exigences contemporaines, telles que la résilience face aux changements climatiques, l’innovation technologique et la compétitivité économique.
Une approche qui vise à maximiser la durée de vie des ouvrages tout en optimisant les investissements publics.

Cette prise de position intervient dans un contexte où de nombreuses infrastructures en RDC souffrent de sous-investissement chronique, d’un entretien insuffisant et de normes techniques parfois inadaptées.

L’exemple révélateur de l’avenue FélixTshisekedi

Illustration concrète de ces défis, l’avenue Elengesa, rebaptisée avenue Félix Tshisekedi, à Kinshasa, devait incarner la modernisation urbaine de la capitale. Inaugurée en Avril 2023, cette artère longue de 6,7 kilomètres, reliant les communes de Kalamu, Ngiri-Ngiri, Makala, Selembao et Bumbu, a mobilisé un investissement estimé à 24 millions de dollars.

Moins de quatre ans après sa mise en service, l’infrastructure présente déjà des signes visibles de dégradation : nids-de-poule, chaussée détériorée et problèmes d’évacuation des eaux usées.

Pour de nombreux habitants de Kinshasa, cette situation illustre les limites d’un modèle axé sur la réalisation rapide des ouvrages, sans mécanismes efficaces de suivi et de maintenance. Elle met en lumière un enjeu central pour les autorités : garantir la durabilité des investissements publics et renforcer la qualité des infrastructures.

Un défi structurel pour l’avenir

À travers cet appel, Félix Tshisekedi ambitionne d’insuffler une nouvelle culture de gestion des infrastructures en RDC, fondée sur la rigueur, l’anticipation et la durabilité.

Au-delà du discours, le défi reste désormais celui de la mise en œuvre effective de ces orientations, dans un environnement marqué par des contraintes budgétaires, institutionnelles et techniques.

La réussite de cette transformation pourrait constituer un levier déterminant pour soutenir la croissance économique, améliorer les conditions de vie des populations et renforcer l’attractivité du pays.

Djodjo Vondi

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