Les finances publiques de la République démocratique du Congo restent marquées par un déséquilibre entre les recettes et les dépenses, malgré une mobilisation significative des ressources fiscales. C’est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture publiée par la Banque Centrale du Congo, couvrant la période du 27 février au 6 mars 2026.
Selon ce document, les régies financières de l’État ont mobilisé 1.649 milliards de francs congolais (CDF) au cours du mois de février 2026. Ces recettes proviennent principalement de trois administrations fiscales. La Direction générale des impôts (DGI) arrive en tête avec 792,3 milliards de CDF, suivie de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), qui a collecté 590,9 milliards de CDF.
De son côté, la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD) a généré 265,9 milliards de CDF.
Malgré ces performances, les finances publiques demeurent sous pression. Les dépenses publiques ont atteint 1.998,9 milliards de CDF sur la même période, creusant ainsi un déficit budgétaire mensuel. La masse salariale de l’État constitue le principal poste de dépense, avec 1.075,7 milliards de CDF consacrés au paiement des agents et fonctionnaires.
Dans ce contexte, le plan de trésorerie du gouvernement prévoit pour mars 2026 des recettes estimées à 2.281,2 milliards de CDF, contre 2.613,8 milliards de CDF de dépenses, confirmant la persistance d’un déficit budgétaire. Cette situation s’explique notamment par la hausse des dépenses exceptionnelles, en particulier dans les domaines sécuritaire, diplomatique et humanitaire.
Par ailleurs, le gouvernement poursuit son recours au marché intérieur de la dette pour financer ses besoins. Lors de l’opération réalisée le 3 mars 2026, les obligations du Trésor libellées en dollars américains, d’une maturité de 18 mois, ont été entièrement souscrites, avec des soumissions retenues à hauteur de 50,3 millions de dollars, pour un taux d’intérêt annuel de 9 %.
L’encours total des titres publics a atteint 5.560 milliards de CDF au 5 mars 2026, traduisant l’intensification du recours aux instruments de dette domestique pour couvrir les besoins de financement de l’État.
Dans l’ensemble, la dynamique des finances publiques congolaises reflète un effort soutenu de mobilisation des recettes, mais aussi une pression persistante des dépenses publiques dans un contexte marqué par des impératifs sécuritaires et sociaux qui pèsent sur l’équilibre budgétaire.
Djodjo Vondi















