Face aux tensions géopolitiques persistantes entre l’Iran et les États-Unis qui font planer la menace d’une hausse des prix du pétrole sur les marchés internationaux, le gouvernement de la République démocratique du Congo a opté pour des mesures d’urgence afin de contenir les répercussions sur le marché intérieur.
Parmi les décisions prises figurent la suspension de certaines redevances ainsi que la réduction des taxes appliquées aux produits pétroliers à l’importation.
L’objectif affiché est de limiter la flambée des prix à la pompe et de préserver le pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte économique déjà sous pression.
Mais ces mesures ne sont pas sans conséquences. Dans une interview accordée à Média Congo Press, l’économiste Giresse Munongo met en garde contre un impact significatif sur les recettes publiques.
« La décision du gouvernement va entraîner une baisse des recettes. L’État pourrait éprouver des difficultés à mobiliser suffisamment de ressources, dans la mesure où le niveau d’imposition a été revu à la baisse », a-t-il expliqué.
Selon cet expert, le manque à gagner pour le Trésor public pourrait peser sur la capacité de l’État à financer ses politiques publiques, notamment dans les secteurs sociaux et les infrastructures.
Toutefois, l’analyste ne se limite pas à cet aspect. Giresse Munongo reconnaît également que ces allégements fiscaux pourraient produire des effets positifs à court terme sur l’activité économique.
« En réduisant la pression fiscale, les entreprises pourraient améliorer leurs marges et répercuter partiellement cette baisse des coûts sur les prix finaux. Cela pourrait se traduire par une certaine stabilisation, voire une baisse des prix pour les consommateurs », a-t-il souligné.
Une telle dynamique serait susceptible de soutenir le pouvoir d’achat des ménages et de stimuler la consommation, un levier essentiel dans une économie fortement dépendante des importations, notamment en produits pétroliers.
Dans ce contexte, la viabilité de ces mesures dépendra étroitement de l’évolution des cours internationaux du brut, mais aussi de la capacité du gouvernement à compenser les pertes fiscales engendrées.
Pour plusieurs observateurs, il s’agit d’un équilibre délicat entre impératif social et soutenabilité budgétaire.
À moyen terme, cette situation relance le débat sur la nécessité pour la RDC de diversifier ses sources d’énergie et de renforcer sa résilience face aux chocs externes.
Joslin Lomba















