À l’occasion du vingtième anniversaire de la Constitution de la République démocratique du Congo, Emery Okundji appelle à une évaluation « minutieuse, sérieuse et sans complaisance » de la loi fondamentale.
Pour lui, le débat sur l’âge de la Constitution constitue « un faux problème ».
S’exprimant dimanche 22 février 2026, l’ancien ministre a rappelé qu’« aucune Constitution au monde n’est parfaite ». Il estime toutefois que celle adoptée en 2006 figure « parmi les meilleures en Afrique », notamment en matière de séparation des pouvoirs, de droits et devoirs des citoyens et d’organisation politique de l’État.
Selon Emery Okundji, les difficultés actuelles de la RDC ne découlent pas des faiblesses du texte, mais plutôt de son application. « De manière générale, le problème n’est pas dans la Constitution, malgré ses faiblesses, mais dans l’homme congolais incapable de respecter les textes légaux », a-t-il déclaré.
Il a dénoncé la persistance des antivaleurs, le manque de rigueur dans l’exécution des lois et l’incapacité de certains dirigeants à privilégier l’intérêt national. À ses yeux, changer la Constitution ne résoudrait rien sans une transformation profonde des pratiques politiques.
Pour étayer son argumentation, il a cité l’exemple de la Constitution des États-Unis, adoptée en 1787 et amendée à plusieurs reprises, ainsi que celle de la France, en vigueur depuis 1958. Selon lui, la longévité d’une Constitution ne saurait, à elle seule, justifier sa remise en cause.
Emery Okundji a conclu en appelant à l’émergence d’une élite responsable et compétente, capable de respecter scrupuleusement la loi fondamentale.
Vingt ans après son adoption, la Constitution congolaise continue ainsi de susciter un débat entre partisans d’une réforme et défenseurs de son application stricte.
Roberto Tshahe Da Cruz















