Weekly Gadgets

Find Us on Socials

samedi, mars 7, 2026
contact@congo-press.com
Politiquepriorite

Élections 2028 : l’ombre d’un nouveau « glissement électoral » plane déjà

28Views

À l’approche de la présidentielle de 2028, les retards dans la mise en œuvre de la feuille de route de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) alimentent les inquiétudes quant au respect du calendrier électoral.

Un an après la publication, le 4 avril 2025, de sa feuille de route 2025-2029, la CENI se trouve confrontée à une équation complexe : comment respecter les délais annoncés alors que la première étape du processus accuse un retard manifeste ?

Au cœur de ce calendrier figure la révision du fichier électoral, considérée comme la pierre angulaire de tout le cycle électoral. Selon le chronogramme officiel, les préparatifs techniques, inventaire du matériel, cartographie des centres d’inscription et acquisition des kits d’enrôlement, devaient s’étendre d’avril à septembre 2025, avant une phase pilote programmée entre septembre et octobre de la même année.

Cependant, à l’heure actuelle, en mars 2026, le constat est sans équivoque : l’identification et l’enrôlement des électeurs n’ont toujours pas commencé. Plus préoccupant encore, aucune activité tangible liée à cette étape ne semble être engagée sur le terrain.

Un calendrier déjà sous pression

La feuille de route prévoyait pourtant un déploiement national de l’enrôlement des électeurs entre février 2026 et mars 2027, couvrant les quatre grandes aires opérationnelles du pays. Ce chantier logistique colossal devait permettre d’actualiser le fichier électoral, étape indispensable à l’adoption, en 2027, de la loi de répartition des sièges.

Mais l’absence de signaux opérationnels, le manque d’une phase pilote, ainsi que le silence sur l’acquisition du matériel ou la mobilisation logistique, laissent craindre que le calendrier soit déjà compromis. Dans un pays aux dimensions continentales et aux défis logistiques considérables, chaque mois de retard réduit la marge de manœuvre de l’institution électorale.

Les fantômes du passé électoral

Dans l’histoire politique récente de la République démocratique du Congo, les retards techniques ont souvent présagé ce que la classe politique appelle le « glissement électoral », un terme devenu synonyme de prolongation des mandats au-delà des délais constitutionnels.

Le précédent cycle électoral avait également été marqué par plusieurs reports et ajustements, dans un contexte mêlant contraintes financières, défis sécuritaires et tensions politiques.

La CENI avait elle-même reconnu, dans sa feuille de route, que l’exécution du calendrier dépendait de plusieurs paramètres : la disponibilité des ressources financières, la stabilité sécuritaire, le cadre légal et les contraintes logistiques. Autant de variables susceptibles de ralentir, voire de bloquer, l’ensemble du processus.

Un silence qui interroge

Face à ces retards probables, les explications officielles se font rares. La rédaction de Media Congo Press (MCP) a tenté, sans succès, d’obtenir des éclaircissements auprès des hauts responsables de la CENI.

Ce silence alimente les interrogations au sein des milieux politiques et de la société civile. Plusieurs observateurs craignent que le processus électoral ne s’engage sur une pente glissante, à mesure que les échéances se rapprochent sans avancées visibles.

À deux ans des scrutins présidentiel, législatif national et provincial prévus en décembre 2028, la question dépasse désormais le cadre technique pour devenir éminemment politique : la CENI a-t-elle encore le temps nécessaire pour respecter son propre calendrier ?

Pour l’instant, la centrale électorale n’a pas officiellement révisé sa feuille de route. Cependant, sur le terrain, le chronomètre continue de tourner.

Quid de l’évaluation du processus électoral par le gouvernement?

Lors du neuvième conseil des ministres tenu le 16 août 2024, le Gouvernement avait décidé de mettre sur pied un groupe de travail chargé d’évaluer le processus électoral 2021-2024 et de réfléchir sur les réformes à mener pour les échéances futures. Ce groupe de travail n’a jamais été mis en place officiellement et par conséquent aucun rapport n’a été transmis au Gouvernement. Cela peut également être vu comme une preuve supplémentaire de l’enlisement d’un processus électoral qui ne fait pas l’unanimité au sein de la classe dirigeante.

Cette évaluation devait notamment permettre à l’exécutif national de prendre des mesures qui s’imposent pour les prévisions budgétaires relatives aux élections.

 

Cink Inkonge

Laisser un commentaire