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Dossier Pakadjuma (2e partie) : à Kinkole, les déplacés de Pakadjuma entre précarité et stigmatisation (Reportage)

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Après la démolition du site de Pakadjuma, au quartier Kingabwa dans la commune de Limete, des dizaines de familles ont été relogées dans l’enceinte de l’Hôpital général de référence de la N’Sele, à Kinkole. Officiellement mises à l’abri, elles vivent pourtant dans des conditions alarmantes. Entre abris de fortune, promiscuité et rejet social, leur quotidien s’apparente à une lutte permanente pour la dignité.

À l’entrée du site, le contraste est saisissant. Sous un soleil accablant, des bâches effilochées, des morceaux de tôle et des draps tendus à la hâte dessinent un paysage qui évoque davantage un marché pirate qu’un lieu d’habitation. Pourtant, c’est bien ici que tentent de se reconstruire les anciens occupants de Pakadjuma.

Installées dans un coin reculé de la concession hospitalière, à distance des bâtiments principaux, ces familles se disent livrées à elles-mêmes. Une seule tente aurait été dressée pour accueillir quelques personnes. Les autres dorment à la belle étoile, exposées aux intempéries.

« Nous vivons ici dans des conditions précaires. Il n’y a qu’une seule tente, et nous sommes nombreux. La nuit, nous restons dehors. Regardez ces petites cabanes en tôle et en draps que nous avons montées pour nous protéger du soleil. Nous souffrons énormément. Le gouvernement provincial devrait au moins ériger plusieurs tentes ou construire des maisons préfabriquées pour que nous puissions vivre dignement avec nos familles. Je préfère encore ma maison de fortune en tôle à Pakadjuma que de dormir ici sous les étoiles », confie, la voix nouée, un homme d’une quarantaine d’années.

Les enfants paient un lourd tribut à cette situation. Faute d’abris adéquats, ils passent leurs journées sous un soleil implacable ou sous la pluie. Les risques sanitaires inquiètent autant que l’absence d’infrastructures de base.

Une jeune femme rencontrée sur place décrit un quotidien fait d’humiliations et de privations : « Pour nous laver, nous devons marcher jusqu’à la rivière. Aucune toilette, aucune douche n’a été prévue pour nous. Nous sommes nombreux, et nous craignons des épidémies. Nous ne sommes pas des sous-hommes pour mériter un tel traitement. Le gouvernement provincial doit penser à notre bien-être. »

À ces difficultés matérielles s’ajoute un autre fardeau : la stigmatisation. Certains habitants de Kinkole voient d’un mauvais œil l’arrivée de ces nouveaux voisins venus de Pakadjuma, alimentant méfiance et tensions sociales.

Pour plusieurs observateurs, la situation appelle une réponse urgente des autorités de la ville de Kinshasa. Au-delà du relogement d’urgence, ils plaident pour un véritable plan d’accompagnement : logements décents, accès à l’eau potable, installations sanitaires, prise en charge sociale.

Les anciens occupants de Pakadjuma réclament, avant tout, le droit fondamental de vivre dans la dignité. Un droit qui ne devrait jamais être démoli comme l’ont été leurs maisons.

Daniel Aloterembi

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