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mardi, avril 7, 2026
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Kinshasa : la commune de Selembao au bord du gouffre face à l’avancée des érosions

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Sous l’effet des pluies diluviennes qui s’abattent sur la capitale congolaise, la commune de Selembao fait face à une crise environnementale d’une ampleur alarmante. Ravagée par plus de 77 têtes d’érosion recensées, cette entité urbaine s’effrite progressivement, emportée par des eaux de ruissellement de plus en plus incontrôlables.

Dans une interview accordée à Média Congo Press, le président du Conseil communal, Pépé Kingudi, dresse un constat sans appel :
« Notre territoire communal n’est plus seulement menacé, il est en train de disparaître physiquement de la carte de Kinshasa ».

Une artère stratégique en péril

Parmi les principales inquiétudes figure l’avenue de la Libération, axe vital aujourd’hui directement menacé par la progression rapide des ravins, notamment en provenance de la Cité Camping.

« Si cette artère est coupée, les conséquences économiques et logistiques seront considérables pour toute la capitale », avertit l’autorité communale.

Cette voie à fort impact socio-économique relie plusieurs communes stratégiques, notamment Ngaliema, Bumbu, Ngiri-Ngiri et Bandalungwa. Sa dégradation ou sa coupure pourrait isoler des centaines de milliers d’habitants et perturber gravement les activités économiques.

Cité Camping, épicentre d’une catastrophe annoncée

La Cité Camping apparaît comme le principal foyer de cette crise. L’activité érosive y est particulièrement intense, menaçant directement plusieurs quartiers, dont Kimbembe, Nkingu, Kipoy et Madiata.

Pépé Kingudi décrit une situation dramatique :
« À chaque pluie, le même scénario se répète : des parcelles s’effondrent, des familles perdent en quelques heures les biens accumulés toute une vie ».

Les conséquences sont déjà visibles : destruction d’habitations, dégradation des infrastructures, isolement progressif de certains quartiers et multiplication des glissements de terrain.

Un appel pressant à l’intervention de l’État

Face à l’ampleur de la crise, les autorités locales appellent le gouvernement central à ériger la lutte anti-érosive en priorité nationale.
« La stabilisation des ravins est indispensable pour désenclaver durablement la commune, préserver les infrastructures et assurer son développement », insiste le président du Conseil communal.

Tout en saluant certaines initiatives, notamment les travaux de curage de la rivière Makelele ayant contribué à protéger le pont Lubudi sur l’avenue Landu, il alerte sur d’autres zones à risque, en particulier la rivière Kalamu, fréquemment à l’origine d’inondations.

« Nous redoutons des situations difficilement maîtrisables en cette période de fortes pluies », prévient-il.

Un enjeu national au-delà de Selembao

Au-delà de la commune, la gravité de la situation interpelle à l’échelle nationale. Pour Pépé Kingudi, chaque avancée de l’érosion constitue une perte territoriale tangible :
« Chaque mètre de terre emporté est une partie de notre pays qui disparaît ».

Il appelle à une mobilisation urgente et coordonnée, en particulier en faveur de la Cité Camping, afin de protéger l’avenue de la Libération et d’éviter une catastrophe aux conséquences potentiellement irréversibles.

Joslin Lomba

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