À Kinshasa, la vaste opération de contrôle des documents automobiles menée par les autorités provinciales met en lumière une réalité préoccupante : à peine 5 % des chauffeurs seraient en règle avec l’ensemble des taxes et documents exigés. L’information a été révélée ce mardi à l’Agence congolaise de presse (ACP) par le président provincial de l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO).
« Ce chiffre est vraiment faible. C’est pourquoi nous demandons au gouverneur d’accorder une mesure de grâce, ne serait-ce qu’un mois, afin de permettre aux chauffeurs de se mettre en ordre », a plaidé Kakule, responsable de l’ACCO à Kinshasa.
Selon lui, la régularisation immédiate de tous les documents représente une charge financière difficilement supportable pour de nombreux conducteurs, en particulier en ce début d’année marqué par des contraintes économiques accrues.
Face à cette situation, l’ACCO propose une application progressive des paiements, le temps que l’exécutif provincial mette en œuvre son projet de mise en circulation de bus destinés à la classe moyenne. Une transition en douceur qui, estiment les transporteurs, permettrait d’éviter une paralysie du transport urbain, déjà fragilisé.
Sur le terrain, les contrôles sont visibles et massifs. Près de 3 000 agents, issus notamment de la Police nationale congolaise (PNC), de la division urbaine des transports, de la brigade spéciale de protection de l’environnement ainsi que de la régie des fourrières et du contrôle, ont été déployés. Ils occupent une soixantaine de carrefours et d’axes stratégiques de la capitale pour procéder à des vérifications systématiques.
Les conducteurs sont tenus de présenter plusieurs documents obligatoires : permis de conduire, certificat de contrôle technique, vignette, assurance automobile et, pour certains véhicules, l’autorisation de transport.
Du côté des autorités urbaines, cette opération s’inscrit dans une volonté affichée de remettre de l’ordre dans la circulation et de lutter contre les embouteillages chroniques qui étouffent la capitale congolaise. Mais sur les routes de Kinshasa, entre exigences administratives et réalités économiques, la tension reste palpable.
Djodjo Vondi















