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Nord-Kivu : la reddition du chef milicien Mamadou à Lubero, un test pour la paix locale

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Au Nord-Kivu, la reddition d’un chef de guerre suscite autant d’espoir que d’interrogations. En territoire de Lubero, un milicien autoproclamé « général » et connu sous le nom de Mamadou a déposé les armes après près de neuf années passées dans la rébellion.

La scène s’est déroulée devant les autorités territoriales locales, à qui l’ex-chef armé a remis son arme, affirmant sa volonté de renoncer définitivement à la violence. Dans sa déclaration, il a exprimé son intention de réintégrer la vie civile et de soutenir les efforts de paix dans une région profondément marquée par l’insécurité.

Un geste symbolique pour l’autorité de l’État

Cette reddition est perçue comme un signal important dans une zone où l’autorité de l’État a longtemps été concurrencée par des groupes armés. Depuis 2017, le groupe dirigé par Mamadou était actif dans plusieurs localités du territoire de Lubero, dont Kagheri, Kasugho et environs, où il était accusé d’exactions contre les populations civiles, notamment dans les zones rurales sous son influence.

Pour les autorités locales, ce désarmement volontaire représente une opportunité de renforcer la stabilité et d’encourager d’autres combattants à suivre la même voie. Il s’inscrit dans les efforts plus larges de pacification de l’Est du pays, une région confrontée depuis des décennies à la prolifération des groupes armés.

Une reddition aux limites visibles

Mais derrière cette image porteuse d’espoir, la réalité reste préoccupante. Mamadou ne s’est rendu qu’avec un nombre très limité de ses combattants. La majorité de ses hommes aurait refusé de déposer les armes et serait restée dans la brousse, faisant planer le risque d’une poursuite des violences.

Cette situation met en évidence l’un des principaux défis du processus de désarmement dans l’Est du pays : la fragmentation des groupes armés et la difficulté à obtenir une reddition collective. Des combattants livrés à eux-mêmes peuvent rejoindre d’autres milices, former de nouveaux groupes ou continuer à opérer de manière autonome.

Entre espoir et prudence pour les populations

Sur place, la population accueille cette reddition avec prudence. Si certains habitants y voient un signe encourageant vers un retour progressif de la paix, d’autres restent sceptiques, craignant que l’insécurité ne persiste tant que tous les combattants n’auront pas été désarmés.

Dans cette région où les civils ont longtemps vécu sous la menace des groupes armés, la fin des activités d’un chef milicien ne garantit pas automatiquement la fin des violences.

Un test pour la paix durable

La reddition du « général » Mamadou apparaît ainsi comme un test pour les autorités congolaises. Elle pose la question de la capacité de l’État à assurer la prise en charge des ex-combattants, à prévenir leur retour aux armes et à restaurer durablement la sécurité.

Au-delà du geste individuel, c’est tout le Programme de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et stabilisation (P-DDRCS) qui est en jeu. Dans l’un des épicentres de l’instabilité en RDC, cette reddition pourrait marquer le début d’une nouvelle dynamique ou révéler, une fois de plus, la fragilité du chemin vers la paix.

Delphin Mupanda/MCP, Nord-Kivu

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