Les travailleurs domestiques, pourtant essentiels au fonctionnement des ménages, évoluent encore dans des conditions précaires. Réunis en congrès à Beni (Nord-Kivu) du 26 au 27 mars 2026, ils ont plaidé pour l’adoption d’une législation spécifique afin de mieux encadrer et protéger leur profession.
Durant deux jours, des participants venus de plusieurs provinces ont échangé sur les réalités du secteur. Les discussions ont mis en évidence plusieurs difficultés récurrentes : absence de contrats formels, faibles rémunérations, horaires de travail non réglementés et violences, notamment basées sur le genre.
« Nous travaillons sans cadre clair. Il n’y a pas de limites d’horaires et nous pouvons être renvoyés à tout moment. Les salaires ne correspondent pas aux tâches accomplies », témoigne Gisèle Budjenje, participante au congrès. Elle évoque des rémunérations mensuelles variant entre 20 et 30 USD, malgré une charge de travail importante.
À l’issue des travaux, les participants ont élaboré un mémorandum de plaidoyer contenant des recommandations pour la reconnaissance et la protection des travailleurs domestiques. Pour Linda Etoyi Buleso, déléguée générale du syndicat des associations de femmes travailleuses domestiques au Congo, l’objectif est d’aboutir à des lois adaptées aux réalités du secteur.
Présent aux échanges, le vice-gouverneur du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Louis-Second Karawa, a estimé que cette initiative pourrait renforcer le plaidoyer en faveur d’une reconnaissance officielle et d’une meilleure valorisation de cette profession.
Organisé sous le thème « Pour une législation protectrice des travailleurs domestiques en RDC », ce congrès s’inscrit dans une dynamique de réforme. Les participants ont notamment recommandé la révision de l’arrêté ministériel du 16 août 1961 relatif à la sécurité sociale des travailleurs domestiques, jugé aujourd’hui dépassé.
À travers cette mobilisation, les travailleurs domestiques espèrent une prise en compte effective de leurs revendications et un encadrement légal de leur activité, encore largement informelle.
Delphin Mupanda/MCP, Nord-Kivu















