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mercredi, avril 15, 2026
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Pétition contre Jacquemain Shabani : quand les partis politiques entravent le contrôle parlementaire

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Le ministre de l’Intérieur, Décentralisation, Sécurité et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, fait l’objet d’une motion de défiance au niveau de l’Assemblée nationale.

Cette démarche, initiée par le député national Laddy Yangotikala Senga, est consécutive à plusieurs cas d’insécurité enregistrés ces derniers temps sur l’ensemble du territoire national, et particulièrement à Kinshasa, la capitale.

Déjà déposée au bureau de la chambre basse du Parlement, cette motion risque cependant d’être étouffée avant même son examen en plénière. En cause : plusieurs cas de menaces et de pressions signalés par des députés signataires de ladite pétition.

Cette hypothèse se renforce avec la décision du regroupement politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), dirigé par Modeste Bahati Lukwebo, qui a officiellement désavoué, ce mardi 14 avril, deux de ses députés nationaux, à savoir Cizungu Ntaboba Landry et Placide Wenda Mukagwa. Il leur est reproché d’avoir soutenu une motion de défiance visant le ministre en charge de la sécurité intérieure.

L’initiateur de la motion, le député Laddy Yangotikala, a également révélé subir des pressions en raison de sa démarche, pourtant prévue par la Constitution. Dans une publication sur son compte X, il a annoncé sa démission de ses fonctions au sein de son parti politique afin de défendre « calmement » son initiative.

« J’informe l’opinion nationale et internationale que je me retire de ma fonction de président ai de mon parti politique AVRP, pour défendre calmement la sécurité de la population avec ma motion contre le VPM de l’Intérieur. Je vous épargne des pressions que je subis déjà », a-t-il déclaré.

Une tension révélatrice des limites du contrôle parlementaire

Au-delà de ce cas précis, cette situation met en lumière une problématique récurrente dans le fonctionnement des institutions politiques en République démocratique du Congo : la difficulté pour les députés nationaux d’exercer pleinement leur mission de contrôle du gouvernement face aux contraintes imposées par leurs partis ou regroupements politiques.

En effet, les statuts internes de certaines formations politiques imposent une discipline stricte aux élus, parfois au détriment de leur liberté d’action et de leur responsabilité vis-à-vis de leurs électeurs. Ainsi, toute prise de position jugée contraire à la ligne du parti peut entraîner des sanctions, allant du désaveu public à l’exclusion.

Dans ce contexte, la motion de défiance contre Jacquemain Shabani apparaît comme un test grandeur nature de la vitalité démocratique du Parlement congolais. Elle pose notamment la question de savoir si les députés peuvent agir en toute indépendance lorsqu’il s’agit d’évaluer l’action gouvernementale, en particulier sur des questions aussi sensibles que la sécurité des citoyens.

Plus largement, cette affaire relance le débat sur la nécessité de réformes visant à renforcer l’autonomie des parlementaires et à garantir un véritable équilibre des pouvoirs. Car sans un contrôle parlementaire effectif et libre, le principe de redevabilité de l’exécutif risque de demeurer théorique, au détriment de la gouvernance et de la confiance des citoyens envers leurs institutions.

BM

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