La différence de prix est frappante. Alors qu’une bouteille de Coca-Cola se vend autour de 2.500 francs congolais à Kinshasa, son prix peut atteindre jusqu’à 8.000 francs congolais à Lodja, dans la province du Sankuru. Un écart qui illustre les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les régions enclavées du pays.
En séjour à Lodja dans le cadre d’une mission économique, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a fait de cette situation l’un des symboles des déséquilibres qui persistent entre les grandes villes et certaines provinces de l’intérieur du pays.
Selon le ministre, cette hausse spectaculaire des prix n’est pas liée à une augmentation du coût de production de la boisson, mais plutôt aux difficultés de transport et d’approvisionnement. Chaque intermédiaire intervenant dans l’acheminement du produit répercute ses coûts sur le prix final payé par le consommateur.
L’état des infrastructures constitue l’une des principales causes de cette situation. Les routes dégradées rallongent les délais de livraison, augmentent les frais de transport et exposent davantage les marchandises à divers risques. Dans certaines zones, les opérateurs économiques doivent mobiliser des moyens logistiques supplémentaires pour acheminer leurs produits jusqu’aux marchés locaux.
À cela s’ajoute l’enclavement de la province, qui limite la circulation régulière des biens et réduit la concurrence entre les fournisseurs. Lorsque les produits arrivent difficilement sur le marché, leur rareté contribue également à faire grimper les prix.
Le cas du ciment est tout aussi révélateur. À Lodja, un sac peut coûter jusqu’à 50 dollars américains, un niveau largement supérieur à celui observé dans plusieurs autres villes du pays. Cette situation pèse à la fois sur les ménages et sur les activités économiques locales.
Pour le gouvernement, la solution passe notamment par l’amélioration des infrastructures de transport et la préservation de la circulation sur la Route nationale n°7 (RN7), considérée comme un axe stratégique pour l’approvisionnement de la ville. Une interruption du trafic sur cette route pourrait provoquer une nouvelle flambée des prix des produits de consommation courante.
À travers sa mission au Sankuru, Daniel Mukoko Samba entend ainsi identifier les principaux blocages économiques et plaider en faveur d’investissements susceptibles de réduire les coûts logistiques. L’objectif affiché est de rapprocher progressivement les prix pratiqués dans les provinces de ceux observés à Kinshasa, afin d’améliorer le pouvoir d’achat des populations locales.
Djodjo Vondi















