L’insécurité prend de l’ampleur dans plusieurs communes de Kinshasa. Assassinats, enlèvements et autres actes de criminalité alimentent l’inquiétude au sein de la population. Des communes comme Makala, Selembao, Mont-Ngafula, N’sele et d’autres quartiers de la capitale sont régulièrement confrontés à des faits d’insécurité.
Dans une interview exclusive accordée à Média Congo Press ce vendredi 31 juillet 2026, le président du Conseil d’Administration de l’Observatoire de la Dépense Publique (Odep), Florimond Muteba, met directement en cause la gouvernance sécuritaire du pays. Selon lui, la recrudescence de l’insécurité à Kinshasa est notamment liée à « l’incompétence » des autorités chargées d’assurer la sécurité de la population.
« La question de l’insécurité, surtout dans la ville de Kinshasa, c’est la gouvernance sécuritaire qui est complètement médiocre. C’est aussi de l’incompétence caractérisée dans le chef des autorités qui sont chargées d’assurer la sécurité », a-t-il déclaré.
Pour Florimond Muteba, la croissance démographique de Kinshasa exige une profonde réévaluation du dispositif sécuritaire. Il estime que la capitale, dont la population approche les 20 millions d’habitants, nécessite une gouvernance sécuritaire adaptée à ses réalités.
« La gouvernance sécuritaire est à remettre complètement en cause. Il faut l’évaluer et puis apporter des réformes qui peuvent permettre de sécuriser la population », a-t-il plaidé.
Une gouvernance sécuritaire à réformer
Le président du conseil d’administration de l’Odep élargit son analyse à la situation sécuritaire de l’ensemble du pays. Il rappelle que, malgré les moyens mobilisés en faveur de la défense nationale, la République démocratique du Congo a été confrontée à l’avancée du Rwanda et de l’AFC/M23 dans l’est du pays.
Selon lui, la situation aurait pu être davantage préoccupante sans les pressions exercées par les États-Unis sur les acteurs du conflit.
« Si les États-Unis n’étaient pas à la manette pour intimider l’AFC/M23, ils seraient déjà à Lubumbashi, peut-être même à Kinshasa », estime-t-il.
Pour Florimond Muteba, la sécurité devrait figurer parmi les priorités absolues de l’action publique, particulièrement à Kinshasa, où la population est confrontée à une insécurité croissante.
« Les autorités doivent se concentrer sur les problèmes de la population »
L’acteur de la société civile critique également les priorités actuelles du pouvoir. Il estime que les débats autour de la Constitution et du dialogue politique ne devraient pas faire passer au second plan les préoccupations quotidiennes de la population, notamment la sécurité.
« Ça fait partie des problèmes prioritaires qu’on néglige pour parler de la Constitution et d’un dialogue qui n’inclut même pas la population, qui est concernée au premier point, entre autres, par la sécurité », a-t-il déploré.
Florimond Muteba appelle ainsi le gouvernement à concentrer davantage ses efforts sur la sécurité et les autres secteurs qui touchent directement les conditions de vie de la population.
Il invite, en conclusion, les dirigeants congolais à « prendre conscience » de leurs responsabilités et à mettre de côté leurs intérêts égoïstes afin de privilégier les problèmes d’intérêt général.
Pour lui, la lutte contre l’insécurité à Kinshasa doit désormais passer par une réforme en profondeur de la gouvernance sécuritaire et par une meilleure prise en compte des préoccupations de la population.
Joslin Lomba















