La décision du président Félix Tshisekedi de mettre en place le Comité d’organisation du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État suscite de nombreuses réactions. La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) salue une « avancée importante », tout en estimant que la crédibilité du processus dépendra de son caractère inclusif, transparent et participatif.
Dans une interview accordée ce lundi 14 septembre à MediaCongo Press (MCP), le coordonnateur national de la NSCC, Jonas Tshiombela, précise les attentes de la société civile et insiste sur la nécessité de ne pas réduire le futur dialogue à une rencontre entre responsables politiques.
MediaCongo Press (MCP) : La mise en place du Comité d’organisation marque-t-elle, selon vous, le véritable lancement du Dialogue national ?
Jonas Tshiombela : C’est incontestablement une avancée importante. Nous saluons l’initiative du président de la République, qui permet de passer de l’annonce politique à la préparation concrète du Dialogue national.
Mais la mise en place du Comité d’organisation n’est qu’une première étape. Le véritable enjeu sera désormais de garantir un processus crédible, inclusif et transparent.
Quelles garanties la société civile attend-elle ?
Nous voulons éviter que ce dialogue se transforme en une rencontre entre quelques leaders politiques ou en un simple exercice de partage de postes. Il doit être un dialogue de la Nation et pour la Nation.
La société civile doit donc y être pleinement associée, aux côtés des femmes, des jeunes, des confessions religieuses, des organisations communautaires, des universitaires, des acteurs professionnels et de toutes les autres forces vives du pays.
Des consultations sont annoncées dans les 26 provinces avant les assises nationales à Kinshasa. Est-ce une bonne approche ?
Oui, à condition qu’elles soient réellement participatives. C’est même l’une des forces potentielles de ce processus.
Le dialogue doit partir des réalités vécues par les Congolais dans les provinces et non uniquement des discussions entre acteurs à Kinshasa. Les populations doivent pouvoir exprimer leurs préoccupations, leurs attentes et leurs propositions.
Comment éviter que les consultations provinciales ne restent qu’un exercice symbolique ?
Il faut de la traçabilité. Les consultations doivent être documentées et leurs recommandations consignées dans des rapports publics. Ces documents doivent ensuite alimenter les assises nationales.
Il faudra également expliquer publiquement pourquoi certaines propositions sont retenues, amendées ou rejetées. Sinon, nous risquons de consulter le peuple pour finalement décider sans lui.
La société civile doit-elle également participer au suivi de la mise en œuvre des conclusions du dialogue ?
Absolument. Elle doit participer au dialogue, mais aussi au suivi de ses conclusions.
Nous proposons la mise en place d’un mécanisme de suivi citoyen reposant sur des engagements précis, un calendrier et des responsabilités clairement définies.
Le dialogue ne doit pas s’arrêter à Kinshasa. Ses conclusions doivent produire des effets concrets dans la vie des Congolais.
Quel message la NSCC adresse-t-elle au pouvoir et aux différentes parties prenantes à l’ouverture de ce processus ?
Notre position est claire : oui au Dialogue national, oui aux consultations dans les 26 provinces, mais surtout oui à un dialogue véritablement inclusif.
Le peuple ne doit pas être seulement consulté. Il doit être entendu, pris en considération et associé au suivi des engagements pris en son nom.
« Peuple, plus rien ne passera sans le peuple », conclut le coordonnateur national de la NSCC.
Cink Inkonge















