La République démocratique du Congo poursuit son offensive diplomatique autour du Genocost, tandis que les tensions mémorielles avec le Rwanda continuent de s’exacerber. À l’occasion de la Journée nationale du Genocost, commémorée le 3 août, les autorités congolaises ont réaffirmé leur volonté de faire de cette initiative un instrument de mémoire nationale, tout en fondant leur plaidoyer international sur les qualifications reconnues par le droit international.
Dans cette démarche, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a notamment évoqué le crime de génocide au regard de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 ainsi que du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. De son côté, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a rappelé que la qualification juridique des crimes relève exclusivement des juridictions compétentes, sur la base des faits et des preuves établis.
Cette position est toutefois rejetée par Kigali, qui qualifie le concept de Genocost de « théorie du complot politiquement construite ». Ce désaccord illustre la persistance d’une bataille des récits entre les deux pays sur la mémoire des conflits, les responsabilités et les crimes commis en République démocratique du Congo.
Dans ce contexte, le député national Jean-Pierre Kezamudru Musisiri, président de l’Alliance pour le Renouveau et le Développement du Congo (ARDC), apporte son soutien à la démarche engagée par les autorités congolaises. Dans une interview exclusive accordée ce mardi 4 août à MediaCongo Press (MCP), l’élu de Niangara, dans la province du Haut-Uélé, salue ce qu’il qualifie de « diplomatie agissante et offensive » menée par le président Félix Tshisekedi, estimant que la RDC a retrouvé une place stratégique sur la scène internationale.
L’élu appelle, par ailleurs, l’ensemble de la classe politique à dépasser les clivages partisans afin de soutenir les efforts du pays dans la défense de ses intérêts.
« Je lance un appel solennel à l’ensemble de la classe politique congolaise, au-delà des clivages partisans, pour faire bloc derrière le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. L’heure est à l’unité sacrée pour rebâtir notre nation et bouter hors d’état de nuire les ennemis de la République qui pillent systématiquement nos ressources naturelles et menacent notre intégrité territoriale », a déclaré Jean-Pierre Kezamudru.
Pour le président de l’ARDC, la reconnaissance du Genocost ne doit pas se limiter à un devoir de mémoire. Elle doit également ouvrir la voie à des actions concrètes en faveur de la vérité, de la justice et des réparations pour les victimes des violences liées à l’exploitation des ressources naturelles.
À travers cette stratégie, Kinshasa entend inscrire la mémoire des victimes dans une dynamique diplomatique et judiciaire, avec l’ambition de renforcer son plaidoyer sur la scène internationale tout en poursuivant la quête de reconnaissance des crimes commis sur son territoire.
Cink Inkonge















