Sur la RN44, entre Makeke et Mambasa, dans la province de l’Ituri, des transporteurs dénoncent la multiplication des services et des prélèvements aux différentes barrières. Selon les témoignages recueillis, jusqu’à 16 services seraient présents à Makeke et 14 à Bela, auxquels s’ajoutent plusieurs autres postes de contrôle jusqu’à Teturi.

Pont Tuha sur la RN 44 dans le territoire de Mambasa, province de l’Ituri. © Photo crédit : Delphin Mupanda/MCP
Des chauffeurs affirment verser, à chaque étape, des montants allant de quelques milliers de francs congolais à plusieurs dizaines de dollars américains. À Makeke, l’un d’eux dit notamment avoir payé 24 dollars à la DGRPI, 15 000 FC à l’OCC et 10 000 FC à l’ANR. À Bela, un autre évoque notamment 75 dollars à la DGRPI, 5 dollars par tonne à l’OCC ainsi que d’autres frais réclamés par différents services.
Plusieurs transporteurs affirment surtout que certains de ces paiements sont effectués sans quittance. D’autres prélèvements sont également signalés à différents points de contrôle entre Bela, Biakato-Mayi et Teturi.

Barrière de Bela dans le territoire de Mambasa en province de l’Ituri. © Photo crédit : Delphin Mupanda/MCP
Cette situation soulève la question de la légalité des barrières et des prélèvements effectués sur cet axe. Des textes provinciaux encadrent pourtant l’organisation des postes de contrôle et de péage en Ituri et déterminent les services habilités à y intervenir.
Les transporteurs réclament ainsi une clarification sur le nombre de barrières légalement autorisées, les services habilités à percevoir des taxes, les tarifs officiels et la destination des recettes collectées. Ils demandent également que tout paiement légal donne systématiquement lieu à la délivrance d’une quittance.

Barrière de Makeke, territoire de Mambasa en province de l’Ituri. © Photo crédit : Delphin Mupanda/MCP
Les accusations et montants rapportés dans cette enquête reposent principalement sur les témoignages des usagers de la RN44. Les explications des services cités sont donc nécessaires pour établir la base légale des différents prélèvements et déterminer si les pratiques dénoncées relèvent de taxes régulières ou de perceptions indues.
Au-delà des tracasseries dénoncées, les transporteurs alertent sur les conséquences économiques de ces prélèvements successifs, susceptibles d’alourdir le coût du transport des personnes et des marchandises sur l’axe Makeke–Mambasa.
Delphin Mupanda















