La Haute Cour militaire ouvre ce vendredi 25 septembre à Kinshasa les débats dans le dossier de deux généraux-majors poursuivis pour leur rôle présumé dans la perte de Bukavu lors de l’offensive de l’AFC/M23 au Sud-Kivu, en 2025.
Les prévenus sont Robert Anvul Yav, qui commandait alors la région militaire du Sud-Kivu, et André Ehonza Uketi, ancien responsable des opérations Sukola 2 Nord. Les faits reprochés aux deux officiers remontent à l’offensive de l’AFC/M23 au Sud-Kivu, après la prise de plusieurs positions, dont Minova, Kalehe et Kavumu, avant l’entrée des rebelles à Bukavu.
Au cœur des poursuites figure la conduite du commandement militaire au moment du repli des forces gouvernementales. Selon le ministère public, Robert Anvul Yav aurait quitté Bukavu avant l’arrivée de l’AFC/M23 et n’aurait pas organisé de contre-offensive. Il aurait ensuite établi son quartier général à Nyangezi, puis à Nyangezi, afin de tenter de réorganiser les troupes en repli.
André Ehonza Uketi est, pour sa part, poursuivi notamment pour son comportement durant cette période. L’accusation lui reproche d’avoir contribué à la démoralisation des militaires en présentant les capacités de l’ennemi comme supérieures.
Lors de leurs précédentes auditions, les deux officiers ont contesté cette lecture des événements. Ils ont notamment expliqué que les forces de l’AFC/M23 disposaient d’un avantage important en hommes et en équipements, dans un contexte marqué par le repli des troupes gouvernementales.
Le dossier comporte également des accusations relatives à la remise d’armes et de munitions à des combattants Wazalendo à Lumbishi, dans le territoire de Kalehe. Selon les éléments de l’accusation rapportés dans le dossier, certains équipements remis étaient défectueux et certaines munitions périmées.
Ce procès s’inscrit dans une série de procédures engagées devant la Haute Cour militaire à la suite des opérations militaires menées dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les débats devront permettre à la juridiction d’examiner les éléments présentés par le ministère public ainsi que les moyens de défense des deux généraux.
À ce stade, les faits reprochés demeurent des accusations soumises à l’appréciation de la juridiction. La culpabilité des deux officiers ne pourra être établie qu’au terme de la procédure et d’une décision définitive de justice.
Roberto Tshahe Da Cruz















