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Beni : au moins 33 civils tués dans une attaque attribuée aux ADF à Cantine

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Au moins 33 civils ont été tués dans une attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), dans la nuit de jeudi à vendredi, à Cantine, à environ 55 km à l’ouest de la ville de Beni, au Nord-Kivu. L’incursion a également entraîné l’incendie de plusieurs habitations, boutiques et structures sanitaires, provoquant la fuite de nombreux habitants.

À Kananga, l’un des quartiers touchés, Katembo Mahamba Jonas raconte une nuit de panique. Les habitants ont d’abord cru entendre une patrouille militaire avant de comprendre qu’il s’agissait d’hommes armés. « Quand il a fait 23h30, nous avons entendu les coups de balles. Nous avons résisté de sortir, pensant qu’il s’agissait des militaires en patrouille », témoigne-t-il. Il explique que les assaillants ont ensuite frappé aux portes pour obliger les occupants à sortir, avant de mettre le feu aux maisons. Plusieurs personnes qui tentaient de fuir auraient été prises pour cible.

Les structures sanitaires n’ont pas été épargnées. Au centre médical « La Santé d’abord », un bâtiment a été incendié alors que des patients et des soignants se trouvaient sur place. Selon Augustin Mumbere, infirmier dans cet établissement, les alertes lancées dans la localité ont permis leur évacuation avant l’arrivée des assaillants. « Heureusement que les patients sont sortis sains et saufs et nous, infirmiers, avons eu la chance de fuir. Seulement, nos matériels ont tous été incendiés », déplore-t-il.

À Kima, un autre infirmier, Kasereka Saanane, affirme avoir été recherché par des hommes armés qui voulaient faire soigner leurs combattants blessés. Ayant caché son identité, il dit avoir profité d’un moment pour prendre la fuite. « Ils disaient qu’ils avaient beaucoup de blessés qui devaient être soignés », rapporte-t-il.

La société civile du groupement Baswagha-Madiwe avance un bilan provisoire de 33 morts. Selon son rapporteur, Tshetshe Aliamini, 24 corps sont conservés à la morgue, tandis que neuf autres ont été recensés sur l’axe Kangé-Kima et doivent encore être rapatriés. Les quartiers Kananga, Lubumbashi et Yambiyaya, ainsi que les villages de Kange et l’axe Kange-Kima, figurent parmi les zones touchées.

La société civile s’interroge également sur la prise en compte des alertes sécuritaires lancées avant cette incursion. Face à la situation, les autorités militaires et la Police nationale congolaise se sont rendues sur les lieux pour les enquêtes et le renforcement du dispositif sécuritaire, tout en tentant de rassurer la population. Entre-temps, de nombreux habitants continuent de fuir Cantine et ses environs.

Delphin Mupanda

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