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Eugène Diomi Ndongala : « Bumba taxe à outrance sans soulager le calvaire quotidien des Kinois »

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L’ancien ministre des Mines et président de la Démocratie chrétienne (DC), Eugène Diomi Ndongala, s’est vivement exprimé sur les nouvelles mesures imposées aux conducteurs de la ville de Kinshasa. Dans un entretien accordé ce mardi 27 janvier à MCP, l’opposant dénonce ce qu’il qualifie d’hyper-taxation infligée aux transporteurs, sans amélioration tangible des conditions de vie des habitants de la capitale.

Selon lui, le gouverneur de la ville, Daniel Bumba, « taxe à outrance sans soulager le calvaire quotidien des Kinois ni investir dans des infrastructures publiques dignes de ce nom ».

Une grève aux conséquences économiques lourdes

Eugène Diomi Ndongala dresse un tableau sombre d’une capitale paralysée par la grève des transports, déclenchée depuis le 26 janvier 2026. D’après lui, Kinshasa est privée de 95 à 97 % de ses bus et taxis, contraignant des millions de travailleurs à parcourir plusieurs kilomètres à pied.

Conséquence immédiate : une économie urbaine asphyxiée. Commerces ouverts en retard, absentéisme massif dans les entreprises, marchés au ralenti, usines et bureaux tournant à vide. À cela s’ajoutent des hausses vertigineuses des tarifs de transport, notamment sur l’axe UPN–Magasin, où le prix d’une course en moto est passé de 4 000 à 5 000 FC, aggravant le coût de la vie.

Embouteillages, pertes économiques et insalubrité

L’opposant pointe également le phénomène des embouteillages nocturnes, conséquence selon lui des tentatives d’évitement des contrôles fiscaux. Ces congestions chroniques entraîneraient une perte estimée à 3,5 millions de dollars par heure pour la seule ville de Kinshasa, soit des milliards de dollars par an en productivité perdue, carburant gaspillé et temps de travail évaporé.

À ce tableau déjà alarmant s’ajoute une insalubrité galopante : près de 9 000 tonnes de déchets produits quotidiennement, pour un taux de ramassage inférieur à 20 %. Une situation qui favorise la propagation d’épidémies, notamment le choléra, et pèse lourdement sur la santé publique et l’économie locale.

Une gouvernance jugée myope et opaque

« Cette hyper-taxation illustre une gouvernance myope : pressurer les opérateurs privés sans investir pour lutter contre le chaos urbain », regrette Eugène Diomi Ndongala. Selon lui, les familles sont épuisées, le coût de la vie s’envole et l’image du pays se détériore.

Il fustige également la passivité du gouvernement provincial face à la gestion des transports publics, des infrastructures routières et des embouteillages. Malgré le déploiement annoncé de 3 000 agents chargés des contrôles, rémunérés pour travailler de 5h30 à minuit, aucune solution durable n’aurait été apportée, alors que les Kinois sont contraints de marcher à pied, au prix de pertes économiques chiffrables en milliards de dollars.

L’opposant évoque enfin une opacité financière persistante. Il rappelle que depuis 2025, des contrôles financiers ont été imposés à l’exécutif provincial par le ministère de l’Intérieur et la Présidence de la République, via l’Inspection générale des finances (IGF). Des recommandations portant sur la traçabilité des recettes, la modernisation des dépenses et la gestion de la dette ont été formulées, mais leurs résultats n’ont jamais été rendus publics.

Un appel à des réformes urgentes

Sans réformes profondes, avertit Eugène Diomi Ndongala, « ces saignées économiques risquent de s’éterniser, écrasant un peuple résilient mais exsangue, usé par les embouteillages monstres, les grèves à répétition et une hyper-taxation qui dépasse largement le revenu moyen des Congolais, y compris celui des transporteurs ».

« À la ville-province de Kinshasa, l’argent est toujours disponible pour taxer et contrôler. Mais il n’y a jamais rien pour les services à la population. Pourquoi ? », s’interroge-t-il.

LM

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