Le gouvernement de la République démocratique du Congo a ajouté la mine de coltan de Rubaya — l’un des gisements de tantale les plus riches au monde — à une liste restreinte d’actifs stratégiques proposée aux États-Unis dans le cadre d’un accord de coopération minière.
Dans un article publié ce mercredi 18 février, l’agence Reuters indique qu’un haut responsable congolais et un diplomate américain ont confirmé l’inclusion de Rubaya sur la liste présentée lors d’une réunion RDC–États-Unis tenue à Washington le 5 février. Cette rencontre visait à faire progresser leur partenariat stratégique sur les minéraux, conclu en décembre dernier.
Attirer les investissements dans l’Est
Cette initiative vise à attirer des investissements américains dans l’Est du pays, une région riche en ressources minières mais affectée par l’insécurité. Selon Reuters, elle pourrait permettre à Washington d’accéder au tantale, un métal stratégique issu du coltan, très recherché pour sa résistance à la chaleur et utilisé dans les semi-conducteurs, les équipements électroniques, l’aéronautique et les turbines à gaz.
La même source précise que la RDC estime que la relance de la mine de Rubaya nécessiterait entre 50 et 150 millions de dollars d’investissements, avec un retour rapide sur investissement en raison de la forte demande mondiale en tantale.
Enjeux géopolitiques et économiques
Les États-Unis cherchent à sécuriser l’accès à un large éventail de ressources naturelles, dans un contexte de rivalité stratégique avec la Chine pour l’approvisionnement en métaux critiques, notamment en Afrique.
Situé dans la province du Nord-Kivu, le gisement de Rubaya contiendrait plusieurs milliers de tonnes de coltan, avec une teneur en tantale variant entre 20 % et 40 %. Il représenterait environ 15 % de la production mondiale, extraite principalement de manière artisanale par des populations locales aux revenus très modestes.
Une zone sous contrôle rebelle
La mine et les collines environnantes restent sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Selon un rapport des Nations Unies publié l’année dernière, cette occupation a favorisé des réseaux organisés de contrebande vers le Rwanda.
L’ONU estime que les rebelles tireraient au moins 800 000 dollars par mois des taxes prélevées sur la production et le commerce du coltan de Rubaya.
Bernard Mpoyi















