Face à ses troupes rassemblées en parade ce samedi 28 février, le commissaire divisionnaire de la police ville de Kinshasa, Israël Kantu, a lancé un appel solennel à la discipline, à l’éthique et à une profonde remise en question des pratiques policières.
Dans son adresse, le commandant ville n’a pas mâché ses mots. « Nous devons mettre fin à la gâchette facile dans les opérations, à la brutalité dans les interpellations des civils », a-t-il martelé devant des policiers attentifs. Un discours dans lequel il a dénoncé des dérives qui ternissent l’image de la police nationale.
Pour le patron de la police kinoise, la discipline ne se résume pas à l’obéissance hiérarchique. Elle est d’abord fidélité aux lois de la République et respect scrupuleux de l’éthique et de la déontologie. « Ce n’est pas normal que certains d’entre nous excellent dans les arrestations brutales et torturantes. Ce n’est pas tout civil que l’on doit interpeller par des menaces et l’usage de l’arme », a-t-il insisté, tout en rappelant que la protection des citoyens et de leurs biens constitue la mission première des forces de l’ordre.
Dans une charge contre les « antivaleurs », le commissaire divisionnaire a également fustigé l’ivresse en heures de service, la vente de stupéfiants dans les camps policiers, l’extorsion des biens de la population et les violations des droits humains lors des arrestations. Autant de comportements qu’il juge incompatibles avec le professionnalisme attendu d’un agent de police.
Au-delà de la discipline interne, Israël Kanku a voulu réveiller la fibre patriotique de ses hommes. Dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par l’agression dont la République démocratique du Congo est victime de la part du Rwanda via les rebelles du M23, il a appelé les policiers à se tenir prêts, unis derrière les institutions.
« La police est apolitique, mais elle doit suivre l’évolution de la politique », a-t-il rappelé, en invitant ses troupes à se ranger derrière le commandant suprême des forces armées et des forces de sécurité pour défendre la nation contre « une injuste agression qui ne fait que tuer nos compatriotes ».
Daniel Aloterembi















