La Coupe du Monde 2026, première édition de l’histoire disputée à 48 nations et organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, est en train de marquer un tournant pour le football africain. Alors que certains observateurs doutaient de la capacité des sélections du continent à rivaliser dans un tournoi élargi, les résultats obtenus depuis le début de la compétition racontent une toute autre histoire.
À l’heure actuelle, sept nations africaines ont déjà validé leur qualification pour les seizièmes de finale : le Maroc, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, le Cap-Vert, l’Égypte, le Ghana et le Sénégal. L’Algérie et la RDC peuvent encore les rejoindre dans les prochaines heures. Si les Fennecs et les Léopards obtiennent les résultats nécessaires, l’Afrique comptera neuf représentants sur dix engagés au prochain tour, une performance historique jamais réalisée dans l’histoire de la Coupe du Monde.
Le Maroc confirme son statut mondial
Demi-finaliste de l’édition 2022, le Maroc a démontré qu’il fait désormais partie des nations majeures du football mondial. Les Lions de l’Atlas ont d’abord tenu le Brésil en échec (1-1) lors de leur entrée en lice, avant d’enchaîner deux victoires convaincantes contre l’Écosse (1-0) et Haïti (4-2). Avec sept points, les Marocains ont terminé à la deuxième place de leur groupe en affichant une grande maîtrise collective et une remarquable régularité.
L’Afrique du Sud renverse la situation
Les Bafana Bafana ont connu des débuts compliqués avec une défaite (2-0) face au Mexique. Beaucoup les voyaient alors condamnés, mais les Sud-Africains ont fait preuve d’un remarquable caractère. Un match nul (1-1) contre la République tchèque a relancé leurs chances avant une victoire décisive (1-0) face à la Corée du Sud. Une qualification obtenue grâce à leur capacité à réagir sous pression.
La Côte d’Ivoire poursuit son ascension
Championne d’Afrique en 2024 à domicile, la Côte d’Ivoire continue de confirmer ses ambitions sur la scène internationale. Les Éléphants ont parfaitement lancé leur tournoi grâce à une victoire (1-0) contre l’Équateur. Battus ensuite de justesse par l’Allemagne (2-1), ils ont su réagir lors de la dernière journée en dominant Curaçao (2-0). Cette capacité à rebondir après une défaite témoigne de la maturité acquise par cette génération ivoirienne.
Le Cap-Vert, la révélation du tournoi
Pour sa toute première participation à une phase finale de Coupe du Monde, le Cap-Vert réalise un exploit retentissant. Les Requins Bleus ont tenu tête à l’Espagne (0-0), obtenu un spectaculaire nul contre l’Uruguay (2-2) et résisté à l’Arabie saoudite (0-0). Avec trois points, ils terminent deuxièmes de leur groupe et deviennent l’une des plus belles histoires de cette compétition. Peu de spécialistes avaient imaginé voir cette jeune nation atteindre les seizièmes de finale dès sa première apparition.
L’Égypte retrouve son rang
Les Pharaons ont réalisé un parcours maîtrisé pour terminer deuxièmes de leur groupe avec cinq points. Après un nul encourageant contre la Belgique (1-1), ils ont dominé la Nouvelle-Zélande (3-1) avant de conclure par un autre partage face à l’Iran (1-1). Grâce à leur expérience et leur discipline tactique, les Égyptiens retrouvent les phases à élimination directe.
Le Ghana fidèle à sa réputation
Le Ghana a une nouvelle fois démontré sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous. Les Black Stars ont commencé par une victoire précieuse contre le Panama (1-0), avant de tenir l’Angleterre en échec (0-0). Ces résultats leur ont permis de décrocher leur qualification avant même leur dernière rencontre face à la Croatie, preuve de la solidité affichée depuis le début du tournoi.
Le Sénégal s’en sort avec courage
Le Sénégal figurait dans l’un des groupes les plus relevés de la compétition. Battus par la France (3-1) puis par la Norvège (3-2), les Lions de la Teranga semblaient au bord de l’élimination. Mais dans un match décisif, ils ont réagi avec autorité en écrasant l’Irak (5-0). Grâce à cette large victoire et à une différence de buts favorable, ils se qualifient parmi les meilleurs troisièmes. Une démonstration de résilience et de caractère.
L’Algérie a son destin entre ses mains
Après une lourde défaite face à l’Argentine (3-0), les Fennecs ont su se relever en battant la Jordanie (2-1). Ils abordent désormais leur dernier match contre l’Autriche avec une situation relativement favorable. Un simple match nul suffira pour décrocher leur qualification et permettre à l’Algérie de rejoindre le groupe des nations africaines déjà qualifiées.
La RDC, l’équipe qui a créé la surprise
Les Léopards ont marqué les esprits dès leur entrée en lice en tenant en échec le Portugal de Cristiano Ronaldo (1-1). Cette performance a confirmé les progrès de la sélection congolaise. Malgré une courte défaite contre la Colombie (1-0), la RDC reste en vie. Le calcul est simple : une victoire contre l’Ouzbékistan ouvrira les portes des seizièmes de finale et renforcerait davantage la présence africaine dans cette Coupe du Monde.
La Tunisie, seule ombre au tableau
La seule véritable déception africaine dans ce tournoi reste la Tunisie. Les Aigles de Carthage ont vécu une compétition particulièrement difficile avec une défaite (5-1) contre la Suède, un revers (4-0) face au Japon et une nouvelle défaite contre les Pays-Bas (3-1). Avec douze buts encaissés en trois rencontres, les Tunisiens quittent prématurément la compétition sans avoir réussi à rivaliser avec leurs adversaires.
Une réponse forte aux critiques venues d’Europe
Avant le tournoi, plusieurs dirigeants, consultants et observateurs européens avaient critiqué l’élargissement de la Coupe du Monde et l’augmentation du nombre de places attribuées à l’Afrique. Certains estimaient que plusieurs sélections africaines n’avaient pas le niveau requis pour une telle compétition et risquaient de rendre certaines rencontres sans intérêt.
Quelques semaines plus tard, les résultats apportent une réponse claire. Les équipes africaines n’ont pas simplement participé : elles ont rivalisé avec des adversaires prestigieux, obtenu des résultats contre des grandes nations et multiplié les qualifications pour les phases à élimination directe. Le Maroc a tenu tête au Brésil, la RDC a accroché le Portugal, le Cap-Vert a résisté à l’Espagne et à l’Uruguay, tandis que plusieurs autres sélections ont validé leur qualification avec autorité.
Cette édition 2026 confirme surtout une réalité de plus en plus évidente : le football africain continue de progresser et l’écart qui séparait autrefois le continent des grandes puissances mondiales se réduit considérablement.
Une occasion historique pour l’Afrique
L’Algérie et la RDC ont désormais rendez-vous avec l’histoire. Si les Fennecs obtiennent au moins un point contre l’Autriche et que les Léopards s’imposent face à l’Ouzbékistan, l’Afrique comptera officiellement neuf représentants en seizièmes de finale sur dix engagés.
Un tel bilan constituerait l’une des plus grandes performances collectives jamais réalisées par le continent dans une Coupe du Monde. Quelle que soit l’issue des deux dernières rencontres, cette 23e édition restera déjà comme celle où l’Afrique a définitivement imposé sa place parmi les grandes forces du football mondial.
GLK / MCP















