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lundi, février 16, 2026
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Candidature de la RDC à la tête de la Francophonie : le professeur Trésor Lungungu appelle à éviter tout esprit de rivalité et de vengeance

Professeur Trésor Lungungu, spécialiste de Droit international à l’Université de Kinshasa
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Les élections au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sont prévues à la fin de l’année 2026, à l’occasion du XXᵉ Sommet de l’organisation qui se tiendra au Cambodge.

Alors que les potentiels candidats s’apprêtent à déposer leurs dossiers, le Rwanda a déjà annoncé la reconduction de la candidature de Louise Mushikiwabo. De son côté, la République démocratique du Congo (RDC) a également manifesté son intérêt pour briguer la tête de l’OIF.

À l’approche de la clôture des candidatures, prévue fin avril, plusieurs interrogations émergent quant au profil du futur candidat congolais et à l’opportunité pour la RDC de se lancer dans cette course dans un contexte national marqué par les tensions avec le Rwanda.

Pour analyser ces enjeux, la rédaction de Mediacongo Presse (MCP) s’est entretenue avec le professeur Trésor Lungungu, spécialiste de droit international à l’Université de Kinshasa.

« Un prestige pour la nation »

Interrogé sur l’opportunité de cette candidature, le professeur Lungungu estime qu’il s’agit d’« un prestige et d’un honneur pour la nation » d’avoir un compatriote à la tête d’une organisation aussi importante que l’OIF.

Selon lui, le secrétaire général élu devient un fonctionnaire international tenu à une stricte obligation d’impartialité. « Il représente les intérêts de l’organisation et non ceux de son pays d’origine », précise-t-il, soulignant que même Louise Mushikiwabo, si elle est réélue, ne saurait défendre exclusivement les intérêts de son pays.

En termes d’impact diplomatique direct pour la RDC, il estime toutefois qu’une éventuelle victoire congolaise ne bouleverserait pas fondamentalement les équilibres géopolitiques.

Neutralité institutionnelle et limites d’influence

Concernant l’hypothèse qu’un candidat congolais puisse orienter les décisions en faveur de la RDC, le professeur rappelle que les mécanismes institutionnels des organisations internationales sont conçus pour éviter toute partialité.

« Un responsable qui favoriserait un État au détriment d’un autre s’exposerait à des sanctions graves », avertit-il, estimant qu’un Congolais élu à ce poste aurait tout intérêt à respecter scrupuleusement les textes régissant l’organisation.

Une diplomatie sans esprit de revanche

À propos du silence reproché à la secrétaire générale sortante sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, le professeur Lungungu invite à replacer la question dans le cadre institutionnel de l’OIF.

Selon lui, les positions publiques du secrétaire général doivent refléter celles adoptées collectivement par l’organisation. « Il conviendrait d’examiner avant tout la position officielle de la Francophonie », souligne-t-il, évoquant la possibilité d’une posture de prudence en l’absence d’une décision ferme de l’OIF sur la crise congolaise.

Surtout, il insiste sur un point essentiel : la candidature congolaise ne doit pas être guidée par un esprit de rivalité ou de vengeance. « Le Congo mérite ce poste indépendamment de la candidature rwandaise », affirme-t-il.

Le profil recherché : compétence et expérience

Quant au profil idéal, le professeur recommande la désignation d’une personnalité expérimentée, dotée d’une solide culture politique et d’une grande maîtrise des enjeux culturels, la Francophonie étant à la fois une organisation politique et culturelle.

Il met en garde contre tout favoritisme ou complaisance dans le choix du candidat, estimant qu’un dossier irréprochable sera déterminant pour maximiser les chances de succès de la RDC.

Pour lui, le pays regorge de compétences capables de porter une candidature crédible et compétitive à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie.

 

Bernard Mpoyi

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