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Entre amphithéâtres et taxi-moto, Freddy Mukini finance ses études et construit son avenir

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À Kinshasa, où le chômage touche une grande partie de la jeunesse, certains étudiants refusent de voir leurs ambitions compromises par le manque de moyens financiers. C’est le cas de Freddy Mukini Milemba, étudiant à l’Institut national du bâtiment et des travaux publics (INBTP) de Ngaliema, qui exerce depuis six ans le métier de motard afin de financer ses études et subvenir à ses besoins.

Issu d’une famille aux ressources limitées, Freddy n’a jamais renoncé à son rêve de poursuivre des études supérieures. Conscient que les difficultés financières pouvaient mettre un terme à son parcours académique, il décide très tôt de prendre son destin en main en se lançant dans le transport par moto.

« Je suis issu d’une famille en difficulté, sans garantie financière. J’ai toujours rêvé de faire de longues études. La moto était pour moi le moyen le plus rapide de générer des revenus afin de poursuivre mon parcours universitaire », confie-t-il à MediaCongo Press (MCP).

Loin d’être un simple gagne-pain, cette activité est devenue un véritable levier de réussite. Pendant plusieurs années, Freddy a appris à partager son temps entre les cours et la conduite de sa moto. Lorsque les enseignements prenaient fin en début d’après-midi, il rentrait brièvement chez lui avant de reprendre la route en fin de journée pour transporter des passagers jusqu’en soirée.

Cette organisation lui permettait de percevoir en moyenne 50 000 francs congolais par jour, un revenu qui lui servait à payer ses frais académiques, son transport, son alimentation et d’autres dépenses essentielles liées à sa vie d’étudiant.

Mais derrière cette réussite se cache une réalité beaucoup plus difficile. Le métier de motard expose quotidiennement les jeunes conducteurs à de nombreux dangers. Freddy évoque les risques d’accidents de circulation, les agressions perpétrées par des criminels se faisant passer pour des clients, les tracasseries administratives et policières, ainsi que les coûts liés à l’entretien régulier de la moto.

Malgré ces contraintes, il considère cette activité comme une école de courage, de discipline et de responsabilité.

Pour lui, le recours massif des jeunes au taxi-moto traduit avant tout la crise de l’emploi que connaît la République démocratique du Congo. Selon lui, de nombreux diplômés et licenciés se tournent vers ce secteur faute d’opportunités correspondant à leurs qualifications.

S’il affirme qu’il accepterait un emploi en adéquation avec sa formation à condition qu’il soit plus rémunérateur, Freddy n’envisage pas pour autant d’abandonner complètement la moto.

« La moto restera toujours utile. Avec les réalités de notre pays et les embouteillages de Kinshasa, elle demeure un moyen de transport indispensable », estime-t-il.

À travers son parcours, Freddy souhaite également changer le regard porté sur le métier de motard. Il encourage les jeunes à dépasser les préjugés et à privilégier toute activité génératrice de revenus exercée dans la dignité.

« Aucun travail honnête ne doit être méprisé. Aujourd’hui, si j’ai pu devenir ingénieur en BTP, c’est aussi grâce à la moto. C’est le travail qui forge l’homme », affirme-t-il.

Aux autorités, le jeune étudiant lance un appel en faveur de politiques plus ambitieuses de création d’emplois et d’un recrutement fondé sur les compétences plutôt que sur les recommandations.

Le parcours de Freddy Mukini illustre la résilience d’une jeunesse congolaise qui, malgré les difficultés économiques, choisit de créer ses propres opportunités pour poursuivre ses études et préparer son avenir.

 

Laurice Lembe/ stagiaire à l’Unisic

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