En ce mois dédié aux droits des femmes, la rédaction de Mediacongo Presse (MCP) vous propose de découvrir le parcours inspirant de Madame Sylvie Kabuya Yogo, une femme visionnaire engagée au service de l’excellence entrepreneuriale en République démocratique du Congo. Elle a répondu à nos questions pour partager son expérience et sa vision du monde des affaires.
Mediacongo Presse : Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre secteur d’activité ?
Sylvie Yogo : Je suis Sylvie Kabuya Yogo, experte en administration des affaires, option monnaie (Bac+5, Université Protestante au Congo).
Mon parcours est le fruit d’une riche expérience professionnelle, alliant la rigueur du secteur bancaire, notamment à la Banque Commerciale du Congo (BCDC), l’exigence des organisations internationales telles que l’OCHA et l’OIM, ainsi que l’agilité du secteur des télécommunications avec RAGA.
Aujourd’hui, je dirige un groupe multisectoriel structuré autour de trois pôles stratégiques : L’imprimerie : en tant que CEO de Yadah Print, je transforme des idées en supports visuels à forte valeur stratégique, au service des entreprises et des institutions.
Le grooming & bien-être : à travers la chaîne de salons pour hommes REA, nous redéfinissons les standards de l’élégance masculine.
La gastronomie professionnelle : en tant que directrice générale de KAY’S, spécialisée dans les desserts italiens haut de gamme, notamment le tiramisu, nous offrons une expérience culinaire raffinée et innovante.
Quelle a été votre motivation à entreprendre ?
Ma motivation profonde est née d’un désir d’impact direct. Après plusieurs années au service de grandes institutions, j’ai ressenti la nécessité de créer des structures capables d’apporter des solutions locales répondant aux standards internationaux.
Mon expertise en microfinance et en gestion monétaire m’a convaincue que l’indépendance économique constitue un levier fondamental de développement.
Pour moi, entreprendre, c’est transformer des opportunités en emplois, créer de la valeur durable et démontrer que l’excellence peut devenir une norme quotidienne en République démocratique du Congo.
Est-il facile d’entreprendre en RDC ?
Entreprendre en RDC représente un défi permanent, mais également une opportunité exceptionnelle. Le climat des affaires comporte des contraintes administratives et structurelles bien réelles. Toutefois, c’est précisément dans cet environnement que la résilience, la créativité et l’ingéniosité prennent tout leur sens.
Réussir en RDC exige bien plus que des ressources financières : il faut une vision claire, une discipline rigoureuse et une capacité d’adaptation constante.
Ce n’est pas un parcours facile, mais il est profondément gratifiant pour celles et ceux qui choisissent de persévérer et de bâtir.
Comment conciliez-vous votre rôle d’épouse de pasteur, de mère et de cheffe d’entreprise ?
Il s’agit d’un équilibre exigeant qui requiert une organisation rigoureuse et une forte discipline personnelle.
Je veille à distinguer clairement mes responsabilités familiales de mes engagements professionnels. Être épouse d’un serviteur de Dieu et mère implique une dimension spirituelle et morale forte qui, paradoxalement, renforce mon leadership en entreprise.
Je ne poursuis pas la facilité, mais l’équilibre : être pleinement présente dans mon rôle de mère et d’épouse, tout en étant une dirigeante orientée vers la performance et les résultats.
Quel message adressez-vous aux jeunes filles ?
Mon message est clair : ne vous imposez aucune limite.
Votre diplôme constitue une base, mais ce sont votre caractère, votre discipline et votre audace qui détermineront votre trajectoire. Osez explorer des secteurs exigeants, osez sortir des sentiers battus.
Développez votre intelligence financière, travaillez avec rigueur et restez fidèles à vos valeurs.
La République démocratique du Congo a besoin d’une nouvelle génération de femmes leaders : des bâtisseuses capables de transformer leurs visions en réalités concrètes, avec excellence, intégrité et élégance.
Daniel Aloterembi















