Comment sécuriser l’Est, sécuriser les minerais et imposer la paix face à des voisins de la RDC avec des visées expansionnistes ?, s’interroge Eugène Diomi Ndongala lors d’un entretien, ce lundi 26 janvier, avec Mediacongo.
Au cœur de Kinshasa, une délégation de l’Africom débarque en janvier 2026 pour serrer les rangs avec les Forces Armées de la RDC. Pas de fanfare, juste des discussions franches sur la sécurité, la stabilité et un partenariat qui pourrait changer la donne.
Mais ce n’est que le prélude.
« Imaginez plutôt l’opportunité d’une proposition que nous avions lancée depuis des années, d’ailleurs, et que maintenant aurait toute sa motivation profonde : transformer ces poignées de main en une forteresse stratégique au Kivu, où une base Africom planterait le drapeau de la paix durable ».
Pour Diomi Ndongala, il s’agit d’une proposition audacieuse, nécessaire et stratégique aussi bien pour la RDC que pour les Etats Unis.
Le grand Kivu, cette terre ensanglantée par des décennies de conflits, où des groupes armés, du M23 aux ADF, avec implication en cobélligerance de l’armée rwandaise, transforment les villages en champs de ruines et chassent des millions de leurs foyers.
Une base Africom ici, poursuit le leader de la Démocratie chrétienne (DC), serait un bouclier high-tech : renseignement en temps réel via drones et satellites, formations intensives pour booster les FARDC, et une logistique qui transforme les défaites en victoires.
Alors que le M23 joue à la distraction avec ses retraits partiels, autour d’Uvira, « une présence de l’armée américaine dissuaderait les ingérences rwandaises et autres fantômes frontaliers », estime ce notable Ne Kongo. C’est la paix par la force en action, un rempart contre l’escalade qui a déjà coûté des millions en vies et en ressources.
Et l’économie ? Le Kivu ( Nord et Sud) n’est pas qu’un cimetière de conflits ; « c’est un trésor enfoui de cobalt, coltan et or, ces minerais qui font tourner le monde high-tech. Sans sécurité, ils finissent dans les poches des milices ou des puissances étrangères comme la Chine », renchérit-il.
Une base Africom sécuriserait les chaînes d’approvisionnement, attirant des investissements massifs, créant des emplois et injectant des milliards dans l’économie congolaise. On pense aux routes pavées, écoles illuminées, communautés qui renaissent, pas par charité, mais par une alliance qui aligne souveraineté et prospérité. L’objectif est de transformer le Kivu d’un foyer de crises en un hub économique régional, « où la stabilité attire les alliés et repousse les prédateurs de la géocriminalité ».
Géopolitiquement, conclut Eugène Diomi Ndongala, « c’est un coup de maître. Face à la Russie qui grignote l’Afrique centrale et la Chine qui verrouille les mines, commercialisant les minerais exploités par les rebelles, une base au Kivu ancre les États-Unis comme partenaire de choix pour la RDC. Elle complète le retrait progressif de la Monusco et envoie un message clair : la souveraineté congolaise n’est plus négociable ».
Les sceptiques crieront au néocolonialisme, et ils n’ont pas tort de veiller. Mais structurée comme un partenariat égal, avec un contrôle congolais total et des clauses claires sur la non-ingérence, cette base évite les pièges du passé.
Les risques d’escalade sont minimes, si on commence par des installations temporaires, évoluant avec la confiance mutuelle.
En fin de compte, « notre proposition n’est pas un rêve éphémère ; c’est un appel à l’action.
Avec l’élan de cette visite Africom à Kinshasa, le moment est venu de passer des mots aux actes, par une défense et une diplomatie pragmatiques ». C’est le catalyseur qui pourrait enfin briser le cycle de la violence ( fin du génocide de 10 millions de Congolais), sécuriser l’économie et ainsi affirmer la RDC sur la scène mondiale.
LM















