Le Dr Denis Mukwege a vivement critiqué l’accord de paix négocié entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, estimant que celui-ci profite davantage aux intérêts économiques étrangers qu’à la sécurité des populations congolaises.
Intervenant à Nairobi lors du forum Africa Forward, le Prix Nobel de la paix 2018 a dénoncé ce qu’il considère comme une « diplomatie transactionnelle » devenue, selon ses mots, une forme de « prédation » contre la RDC.
Selon Denis Mukwege, malgré les engagements pris dans le cadre de cet accord soutenu par Donald Trump, les violences persistent dans l’est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les affrontements impliquant le M23 continuent de faire rage.
« Nous donnons nos minerais, mais en retour nous ne recevons pas la sécurité souhaitée », a regretté le médecin congolais, faisant allusion aux clauses économiques de l’accord qui favoriseraient, selon lui, les entreprises américaines intéressées par les minerais stratégiques congolais.
Le fondateur de Hôpital de Panzi a également profité de cette tribune pour s’opposer à toute éventuelle révision constitutionnelle en RDC. Il juge incohérente l’idée d’organiser un référendum constitutionnel alors que certaines zones du pays restent en guerre et pourraient être exclues du processus.
Pour Denis Mukwege, si les conditions sécuritaires ne permettent pas l’organisation des élections dans certaines provinces, elles ne devraient pas non plus permettre une modification de la Constitution.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023 a enfin dénoncé l’inaction de la communauté internationale face aux souffrances des populations congolaises, appelant à un traitement équitable de la RDC sur la scène internationale.
Figure emblématique de la lutte contre les violences sexuelles dans l’est du Congo, Denis Mukwege demeure l’une des voix les plus critiques à l’égard de la gestion sécuritaire et politique de la crise congolaise.
Roberto Tshahe Da Cruz















