La République démocratique du Congo accélère la mise en œuvre de son partenariat stratégique avec les États-Unis dans le secteur des minerais critiques. Le gouvernement a officiellement créé une « Task Force RDC-USA » chargée d’accélérer l’exécution des engagements pris dans le cadre de cet accord.
La décision a été prise le 11 septembre lors de la réunion du Conseil des ministres, selon le compte rendu gouvernemental consulté par Reuters.
Présentant cette initiative aux membres du gouvernement, le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a indiqué que cette structure devait contribuer à traduire les engagements du partenariat en « résultats économiques et sécuritaires concrets » pour les Congolais.
Le compte rendu du Conseil des ministres ne précise toutefois ni la composition de cette task force ni les projets prioritaires qu’elle sera appelée à superviser.
Selon un responsable gouvernemental cité par Reuters sous couvert d’anonymat, la structure devait initialement être opérationnelle en février, mais son lancement a été retardé par des difficultés administratives. La mise en œuvre du partenariat s’est néanmoins poursuivie malgré ce retard, a-t-il précisé.
Cette formalisation intervient alors que Kinshasa cherche à diversifier ses sources de financement et ses débouchés pour ses minerais stratégiques, notamment le cuivre et le cobalt, dans un contexte de concurrence accrue autour des chaînes mondiales d’approvisionnement en minerais critiques.
La RDC, premier producteur mondial de cobalt et deuxième exportateur de cuivre, a signé son partenariat stratégique avec les États-Unis en décembre 2025. Celui-ci a déjà donné lieu à un investissement minier soutenu par les États-Unis à travers Virtus Minerals, ainsi qu’à l’élargissement d’accords de vente de cuivre entre la société minière publique Gécamines et les négociants Mercuria et Glencore. Ces opérations renforcent l’accès du cuivre congolais aux marchés occidentaux.
La création de cette task force intervient par ailleurs après la mise en place de mécanismes de coordination du partenariat. En juin 2026, une première réunion d’une structure de suivi présidée par la Première ministre Judith Suminwa avait notamment porté sur l’état d’avancement des engagements pris par les deux parties. Le gouvernement avait alors indiqué avoir reçu une première liste d’actifs stratégiques et soumis une cinquantaine de projets à la partie américaine.
Lors de la même réunion du Conseil des ministres du 11 septembre, le gouvernement a également approuvé un projet de budget de 24,8 milliards de dollars pour 2027, en hausse de 12 % par rapport aux dépenses révisées prévues pour 2026. Les infrastructures, la sécurité et la diversification de l’économie figurent parmi les priorités annoncées.
Joslin Lomba















