À Kinshasa, la mise en vente des vignettes automobiles, initiée par l’Hôtel de ville sous l’impulsion du gouverneur Daniel Bumba, suscite une vive controverse. Plusieurs automobilistes affirment avoir payé les frais requis auprès de la banque partenaire, Sofibanque, sans toutefois recevoir les vignettes correspondantes à ce jour. « Cela fait plus de deux mois qu’on attend pour récupérer nos vignettes », regrette un chauffeur de taxi dans la commune de la Gombe.
Lancée dans le but de renforcer la mobilisation des recettes urbaines et de réguler la circulation des véhicules dans la capitale, cette opération devait permettre aux propriétaires d’engins roulants de se conformer aux obligations fiscales locales. Mais sur le terrain, de nombreux usagers dénoncent un décalage entre les paiements effectués et la délivrance effective des documents.
Aucune vignette délivrée
Selon plusieurs témoignages recueillis, les contribuables ont suivi la procédure officielle en s’acquittant des frais exigés auprès de Sofibanque, désignée pour centraliser les paiements.
Cependant, plusieurs semaines après, ils affirment ne toujours pas avoir reçu leurs vignettes.
« Nous avons payé comme demandé, mais jusqu’à présent, rien ne nous a été remis. Nous ne savons pas à qui nous adresser », confie un autre automobiliste rencontré dans la commune de Bandalungwa.
Cette situation alimente la frustration des usagers, certains évoquant un manque d’organisation, voire une possible opacité dans la gestion de l’opération.
Une communication officielle attendue
Face à la montée des critiques, les autorités urbaines n’ont, pour l’heure, pas fourni d’explications détaillées sur les raisons de ce retard. Aucun calendrier clair de distribution n’a été communiqué, laissant les contribuables dans l’incertitude.
Des observateurs estiment que cette absence de communication officielle contribue à alimenter les soupçons et fragilise la confiance entre l’administration et les citoyens.
Escroquerie ou dysfonctionnement administratif ?
La question se pose désormais dans l’opinion : s’agit-il d’une escroquerie ou d’un simple dysfonctionnement administratif ?
À ce stade, aucune preuve formelle ne permet de conclure à une fraude organisée.
Toutefois, plusieurs voix appellent à l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités et de faire toute la lumière sur la gestion des fonds collectés. « Je ne sais pas s’ils nous ont roulés », se demande un conducteur de voiture personnelle ».
Appels à la transparence et à la reddition des comptes
Des organisations de la société civile et des acteurs politiques exigent des clarifications rapides de la part de l’Hôtel de ville. Ils réclament notamment :
la publication du montant total des recettes perçues,
l’identification des circuits de gestion des fonds,
et un calendrier précis pour la délivrance des vignettes.
Pour de nombreux Kinois, cette affaire met en lumière les défis persistants en matière de gouvernance urbaine et de gestion des finances publiques.
En attendant des réponses officielles, les usagers concernés restent dans l’expectative, espérant soit la remise rapide de leurs vignettes, soit un remboursement des sommes engagées.
LM















