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mardi, mars 24, 2026
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Kinshasa : faute d’encadrement, le nombre de filles mères explose dans la commune de Selembao (Reportage)

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Dans la commune de Selembao, le nombre de filles mères ne cesse d’augmenter. De plus en plus d’adolescentes, parfois âgées de seulement 14 à 17 ans, se retrouvent confrontées très tôt aux responsabilités de la maternité, alors qu’elles sont elles-mêmes encore sous la tutelle de leurs parents. Face à cette situation alarmante, des voix s’élèvent pour réclamer une implication urgente des autorités et des familles.

Des adolescentes déjà mères de famille

Sur le terrain, le constat est préoccupant. À Selembao, plusieurs jeunes filles, encore mineures, élèvent déjà un ou deux enfants. Pour de nombreux observateurs, cette réalité s’explique notamment par un manque criant d’encadrement familial et d’éducation sexuelle.

« Certains parents ont malheureusement failli à leur mission d’accompagnement et d’éducation », déplore un habitant du quartier. Dans un contexte de précarité sociale et de manque d’information, les adolescentes se retrouvent souvent exposées à des situations qu’elles ne maîtrisent pas.

Témoignage poignant d’une jeune mère

Une jeune fille mineure, habitante de Selembao, a accepté de livrer son témoignage à MediaCongo Press, sous couvert d’anonymat.

« Je suis devenue mère à l’âge de 15 ans. Après m’avoir mise enceinte, le jeune homme, qui avait 23 ans à l’époque, m’a abandonnée en niant toute responsabilité. J’ai dû affronter seule cette situation. Heureusement, mes parents m’ont soutenue pendant toute ma grossesse. Je reconnais aussi que l’éducation sexuelle n’était pas vraiment abordée à la maison. Si j’avais été mieux informée, j’aurais fait plus attention », confie-t-elle.

Aujourd’hui âgée de 17 ans et mère d’une fillette de deux ans, la jeune adolescente dit avoir tiré des leçons de cette expérience difficile.

« Grâce au soutien de mes parents, j’ai repris l’école. Je m’occupe de ma fille, qui n’a malheureusement jamais vu son père. Désormais, je conseille mes petites sœurs pour qu’elles évitent de commettre les mêmes erreurs », ajoute-t-elle.

Appel à la sensibilisation

Face à cette situation, plusieurs observateurs appellent les organisations de défense des droits des femmes et des jeunes filles à intensifier les campagnes de sensibilisation. Objectif: informer les adolescentes sur les risques des grossesses précoces, mais aussi interpeller les parents sur leur rôle essentiel dans l’encadrement de leurs filles.

Les jeunes garçons également interpellés

Du côté des jeunes garçons, certains appellent également à une prise de conscience. Admirable Bakwangangu, un jeune d’une vingtaine d’années vivant à Selembao, condamne les comportements irresponsables de certains jeunes hommes.

« Les jeunes garçons doivent cesser de profiter de la naïveté des mineures. Ce n’est pas digne de compromettre l’avenir d’une jeune fille. Il est préférable de fréquenter des personnes majeures, capables d’assumer leurs actes, plutôt que d’abuser de l’innocence des adolescentes », affirme-t-il.

Une responsabilité collective

Pour de nombreux acteurs locaux, il devient urgent que les parents, les autorités publiques et la société civile unissent leurs efforts afin de renforcer l’encadrement des jeunes filles. Une éducation solide, incluant l’éducation sexuelle, apparaît désormais comme indispensable pour freiner ce phénomène.

Daniel Aloterembi

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