MediaCongo Press > BLOG > A la une > 20 mai 1967 – 20 mai 2026 : 59 ans après sa création, le MPR n’est plus qu’un souvenir politique
Le 20 mai 1967 demeure une date majeure dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo. Ce jour-là, le maréchal Mobutu Sese Seko, alors président du Zaïre, lançait officiellement le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), parti-État qui allait dominer sans partage la vie politique congolaise pendant plus de deux décennies.
En ce 20 mai 2026, le MPR aurait totalisé 59 ans d’existence. Pourtant, le parti qui incarnait jadis l’autorité absolue et l’idéologie du mobutisme a pratiquement disparu de la scène politique nationale depuis la chute du régime en 1997 et surtout après la mort de son fondateur.
« Tout Zaïrois était d’office membre du MPR », rappelle un sexagénaire qui déplore la dictature exercée par Mobutu.
Par contre, Pépé Ngulamondo, 81 ans, pense que « cette dictature était beaucoup mieux que la démocratie d’aujourd’hui. Nous vivions mieux. Le social était très bien, l’intégrité territoriale était garantie, il y avait la paix et on était respecté comme Zaïrois ».
Le MPR avait été conçu comme un instrument de rassemblement national autour de la révolution dite “authentique”. À l’époque, l’adhésion au parti était considérée comme une obligation citoyenne. Le célèbre slogan « Servir, oui ; se servir, non » avait marqué toute une génération, tout comme les structures d’encadrement politique implantées dans chaque secteur de la société congolaise.
Après l’exil puis la disparition du maréchal Mobutu en 1997, plusieurs cadres ont tenté de maintenir le parti en vie. Parmi eux figurait Catherine Nzuzi Wa Mbombo, considérée comme l’une des dernières figures à avoir véritablement essayé de préserver l’héritage politique du mouvement. Son décès, le 18 mars 2026, apparaît pour beaucoup comme un tournant symbolique supplémentaire dans l’effacement progressif du MPR.
D’autres figures historiques comme Vundwawe Te Pemako sont restées discrètes au fil des années, pendant que le parti perdait son influence et ses structures nationales.
Quant à Joseph Nzanga Mobutu, fils du maréchal, il avait choisi une autre voie politique en créant l’Union des Démocrates Mobutistes (Udemo). Mais cette formation politique est aujourd’hui presque absente du débat national et ne parvient pas à renouer avec l’influence qu’exerçait autrefois le courant mobutiste.
Le déclin du MPR rappelle celui d’autres grandes formations politiques congolaises construites autour d’une personnalité historique. C’est notamment le cas du Parti Lumumbiste Unifié (Palu), longtemps dirigé par le patriarche Antoine Gizenga.
Depuis la disparition de ce dernier, le Palu traverse une profonde crise de leadership. Plusieurs camps se disputent la direction du parti, notamment autour de Willy Makiashi, Mayobo ainsi que de quelques membres de la famille biologique du patriarche. Ces rivalités internes ont fortement affaibli la formation politique, autrefois incontournable dans les alliances de pouvoir en RDC.
À travers le destin du MPR et du Palu, une même réalité apparaît : plusieurs partis politiques congolais ont eu du mal à survivre à leurs fondateurs. Faute d’idéologie renouvelée, de relève solide et d’implantation institutionnelle durable, ces formations se sont progressivement effacées du paysage politique national.
Près de six décennies après sa création, le MPR reste donc davantage un symbole historique qu’une véritable force politique active. Son héritage continue cependant d’alimenter les débats sur l’histoire politique du Congo, la centralisation du pouvoir et la construction des partis en Afrique.
LM
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