MediaCongo Press > BLOG > A la une > Centre culturel de Kinshasa : artistes contre députés, la polémique enfle
La décision de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) de tenir provisoirement ses séances plénières au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale suscite une vive controverse dans les milieux culturels. Pour de nombreux artistes congolais, cette délocalisation illustre une confusion des espaces et, surtout, un manque de considération pour un lieu conçu avant tout pour la création.
La vocation du complexe contestée
Inauguré comme un espace dédié à la promotion des arts et des cultures d’Afrique centrale, ce centre devait accueillir concerts, spectacles, résidences d’artistes et grands rassemblements culturels. La transformation de cette enceinte en salle de délibération parlementaire est ainsi perçue comme une injustice par ceux qui y voient un symbole de la vitalité artistique congolaise.
« Ce théâtre a été construit pour les artistes, pas pour les débats politiques », s’insurgent plusieurs figures du secteur culturel.
Au-delà de la colère, se dessine une inquiétude plus profonde : celle de voir un équipement culturel majeur détourné de sa mission originelle, dans un pays où les infrastructures consacrées aux arts restent rares.
Un argument qui peine à convaincre
Pour justifier ce choix controversé, l’Assemblée nationale évoque la nécessité de poursuivre les travaux de réhabilitation de la salle du Congrès du Palais du Peuple, siège traditionnel des plénières. Cependant, cet argument peine à convaincre les acteurs culturels.
Les travaux, censés être temporaires, semblent s’éterniser, suscitant des interrogations sur leur gestion et leur calendrier réel.
Pourquoi la réhabilitation n’est-elle toujours pas achevée ? Combien de temps encore le Parlement siégera-t-il en dehors de son cadre habituel ? Et surtout, pourquoi le secteur culturel devrait-il en subir les conséquences ? Autant de questions qui, pour l’heure, restent sans réponses satisfaisantes.
Au-delà de cette controverse, l’épisode met en lumière un malaise plus profond. Dans un pays où la culture peine souvent à s’imposer parmi les priorités publiques, l’occupation d’un espace artistique par les institutions politiques est perçue par beaucoup comme un rapport de force défavorable au monde culturel.
Pour de nombreux artistes, ces inquiétudes résonnent désormais comme un cri d’alarme face au risque de marginalisation persistante de leur secteur.
Cink Inkonge
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