
Le deuxième vice-président du Sénat et président national de l’AFDC-A, Modeste Bahati Lukwebo, a animé, mercredi 4 mars 2026, une conférence de presse au cours de laquelle il a abordé plusieurs sujets d’actualité nationale.
Au centre de son intervention : la dénonciation d’un « complot » contre sa personne, le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle, la question du mandat ou de la mission du président Félix Tshisekedi, son soutien à l’accord de Washington ainsi que la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Une « cabale » autour d’un dossier brassicole à Bukavu
Modeste Bahati affirme être victime d’une « cabale montée par des officines, en complicité avec une société brassicole et un cabinet d’avocats », en lien avec l’acquisition de la succursale d’une société brassicole à Bukavu auprès d’une société néerlandaise.
Il dénonce un « rapport erroné » attribué au directeur général d’une société brassicole basée à Kinshasa, adressé au directeur de cabinet du chef de l’État, le présentant comme actionnaire d’une entreprise ayant racheté cette succursale.
« Cette information est fausse et infondée. J’ai décidé de saisir la justice pour rétablir mon honneur et ma réputation », a-t-il déclaré.
Le sénateur s’interroge également sur les motivations de ses détracteurs :
« Comment peut-on imaginer que moi, victime des affres de l’agression à l’Est du pays, où j’ai perdu plusieurs proches et dont le patrimoine est systématiquement occupé par l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda, puisse composer avec mes bourreaux ? »
Selon lui, alors que la guerre affecte gravement sa province d’origine, « des malins, des jaloux, de faux renseignants, des flatteurs et des courtisans » chercheraient à le diaboliser à Kinshasa et à l’opposer au chef de l’État, à qui il réaffirme sa « loyauté » et son « apport politique et stratégique ».
Deux ministres cités
Au sujet de ce dossier, Modeste Bahati invite toute personne souhaitant davantage d’éclaircissements à s’adresser aux ministres des Finances, Doudou Fwamba, et de la Coopération régionale, Floribert Anzuluni.
Soutien à l’accord de Washington
Le deuxième vice-président du Sénat a exprimé son soutien à l’accord de Washington ainsi qu’aux différentes initiatives de paix en cours. Il a salué la « diplomatie agissante » du président Félix Tshisekedi et appelé le peuple congolais à accompagner le chef de l’État dans ses efforts en faveur du retour de la paix.
Cessez-le-feu : crainte d’une partition
Concernant le cessez-le-feu dans l’Est, Modeste Bahati se montre prudent. Il redoute qu’un statu quo militaire ne favorise une forme de balkanisation du pays.
« Lorsqu’on observe un cessez-le-feu, chaque camp conserve ses positions. Or, aujourd’hui, une bonne partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est occupée et administrée par l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda. Ceux qui soutiennent le statu quo appuient la partition de notre pays », a-t-il averti.
Pour l’application stricte de la Résolution 2773
Pour le leader de l’AFDC-A, la priorité doit être la mise en œuvre stricte de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exige notamment le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
Mandat ou mission de Tshisekedi ?
Évoquant la polémique autour du mandat ou de la mission du président de la République, Modeste Bahati estime que plusieurs personnalités « versent dans un débat stérile ».
« Même certains collègues professeurs sont tombés dans le piège », a-t-il ironisé.
Selon lui, certains acteurs politiques, qu’il qualifie d’« hypocrites », chercheraient à flatter le chef de l’État. Il affirme toutefois que si la question est officiellement portée au sein de l’Union sacrée de la nation, elle pourrait être examinée dans un cadre approprié.
Il souligne par ailleurs que « ceux qui ont protégé la même Constitution hier sont les mêmes qui veulent la changer aujourd’hui ».
Dialogue : oui, mais après le retrait des troupes rwandaises
Sans exclure l’éventualité d’un dialogue politique, Modeste Bahati estime que l’urgence demeure sécuritaire.
« La priorité, c’est d’abord le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Après, nous pourrons parler entre nous, Congolais », a-t-il insisté.
Mise en garde aux « courtisans »
En conclusion, le deuxième vice-président du Sénat a lancé une mise en garde à ceux qu’il accuse de stigmatiser certains dirigeants, « parmi lesquels les architectes du pouvoir actuel », dans le but de courtiser les décideurs.
« Qu’ils se rappellent du passé récent et qu’ils ne s’exposent pas au retour de la manivelle », a-t-il prévenu.
LM














