Le Gouvernement congolais affirme vouloir poursuivre les auteurs présumés de crimes graves commis dans l’Est de la République démocratique du Congo, indépendamment de leur nationalité, de leur appartenance ou de leur statut. Le sujet a été au centre d’une séance de travail, jeudi entre le ministre d’État, en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, et une délégation d’Amnesty International conduite par Flavia Mwangovya, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Est et australe.
Les échanges ont porté notamment sur la documentation des crimes graves, l’accès des victimes à la justice, les mécanismes de justice transitionnelle et les réparations en faveur des victimes des conflits.
Amnesty International a présenté au ministre les conclusions de recherches menées sur des violations présumées dans des zones minières sous contrôle de l’AFC/M23 dans l’Est du pays. L’organisation fait notamment état de décès ainsi que de cas présumés de torture, de recrutement forcé et d’exploitation illicite des ressources naturelles.
Selon Guillaume Ngefa, les éléments documentés par Amnesty International peuvent contribuer aux enquêtes sur les crimes commis dans l’Est de la RDC. Il a réaffirmé la volonté du Gouvernement de poursuivre les auteurs présumés de crimes graves.
Les violations présumées attribuées à certains groupes Wazalendo ont également été évoquées. Le ministre de la Justice a rappelé que l’appartenance à un groupe ou la défense d’une cause ne dispense pas une personne de sa responsabilité pénale.
La rencontre a également abordé les mécanismes de justice transitionnelle et les voies de poursuite des crimes internationaux.
Réparations aux victimes

Les échanges ont porté sur les mécanismes de réparation en faveur des victimes. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer leur transparence, leur redevabilité et leur efficacité afin de garantir que les ressources mobilisées leur bénéficient effectivement.
La documentation des violations graves commises au cours des trois dernières décennies a également été évoquée, notamment dans le prolongement du Rapport Mapping des Nations unies.
« Pendant trente ans, notre pays a connu des conflits cycliques et de nombreuses violations ont été commises. La construction d’une mémoire collective est essentielle. Il faut continuer à documenter », a déclaré Guillaume Ngefa.
De son côté, Flavia Mwangovya a qualifié les échanges de « très constructifs ». Elle a indiqué qu’Amnesty International avait présenté au ministre des recommandations ainsi que plusieurs rapports consacrés aux violations des droits humains en RDC.
La responsable d’Amnesty International a par ailleurs présenté la campagne « 6 millions de voix pour la justice au Congo », lancée jeudi à Kinshasa avec plusieurs acteurs de la société civile. Cette campagne vise à mobiliser en faveur des victimes et survivants des conflits et à réclamer une justice effective pour les crimes commis en RDC.
Joslin Lomba















