À Kinshasa, la journée de travail s’est terminée dans la frustration pour des milliers d’habitants. Avec les transports en commun quasi inexistants en raison d’une grève des chauffeurs, de nombreux Kinois ont été contraints de marcher sur plusieurs kilomètres pour regagner leurs quartiers.
Les routes sont inhabituellement clairsemées, mais le manque de bus et de taxis a laissé la population absolument démunie. Aux arrêts de bus bondés, la colère monte, notamment contre le silence du ministre des Transports, resté muet depuis le début du mouvement. « Comment pense-t-il que les gens vont rentrer aujourd’hui ? » s’interroge un passager coincé depuis des heures.
Ce nouvel épisode révèle un manque d’anticipation et de coordination dans la gestion du secteur des transports, tant au niveau national que provincial. Selon des observateurs, les autorités auraient pu mettre en place des solutions temporaires, comme la mobilisation de bus publics, pour soulager les citoyens. Mais à chaque grève, le scénario se répète : la population est laissée à son sort.
La question du transport concerne pourtant plusieurs institutions de l’État. Le ministère des Droits humains et celui des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale auraient pu intervenir pour assurer un minimum de soutien aux citoyens. Sous l’ancien régime de Laurent-Désiré Kabila, il arrivait que des véhicules militaires soient mobilisés pour aider les habitants lors de crises de transport, un réflexe de solidarité qui semble aujourd’hui disparu.
À l’heure actuelle, les Kinois doivent encore affronter la fatigue et l’incertitude, tandis que beaucoup se demandent quel nouveau calvaire les attend le lendemain.
Bernard Mpoyi















