MediaCongo Press > BLOG > A la une > Montée de l’insécurité à Kinshasa : la société civile réclame la suspension de la redevance d’éclairage public
Face à la recrudescence de l’insécurité nocturne à Kinshasa, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) hausse le ton. Elle dénonce l’inefficacité persistante de l’éclairage public et appelle à la suspension d’une redevance jugée opaque et sans impact visible pour la population.
Dans une déclaration faite ce mercredi 6 mai à MCP, son coordonnateur, Jonas Tshiombela, a vivement critiqué la dégradation du climat sécuritaire dans la capitale, pointant l’absence d’éclairage dans de nombreux quartiers.
Une obscurité propice à l’insécurité
Selon la NSCC, de larges portions de la ville restent plongées dans le noir chaque nuit, une situation qui favorise la criminalité et expose davantage les habitants, en particulier les femmes et les petits commerçants.
« La population paie, mais ne voit aucun résultat », résume l’organisation, qui qualifie la situation d’« intenable ».
Une redevance sous le feu des critiques
Au cœur des dénonciations figure la redevance d’éclairage public, prélevée mensuellement sur les factures d’électricité par la Société Nationale d’Électricité (SNEL), tandis que la gestion des fonds relève de l’administration urbaine.
Pour la NSCC, ce mécanisme souffre d’un manque criant de transparence : absence de rapports publics, déficit de traçabilité et faible matérialisation des investissements sur le terrain.
« Il est inacceptable de faire payer un service inexistant », insiste-t-elle.
Défaillance des services publics et sentiment d’abandon
Au-delà de la question financière, l’organisation établit un lien direct entre le déficit d’éclairage et la montée de l’insécurité. Dans les zones non éclairées, les actes de banditisme se multiplient, renforçant un sentiment d’abandon au sein de la population.
Pour la NSCC, l’éclairage public ne relève pas du confort, mais constitue un impératif de sécurité, dont la défaillance traduit une fragilité plus large des services publics dans la capitale.
Appel à la suspension et à la redevabilité
Face à cette situation, la société civile demande :
– la suspension immédiate de la redevance dans les zones non desservies ;
– la réalisation d’un audit indépendant du mécanisme de gestion des fonds ;
– la publication régulière de données détaillées sur les recettes et les investissements.
Elle interpelle également les élus nationaux et provinciaux afin qu’ils exercent pleinement leur mission de contrôle.
« Le silence des institutions face à cette question alimente la défiance », prévient la NSCC.
Vers une pression citoyenne accrue
Alors que l’insécurité demeure une préoccupation majeure à Kinshasa, la NSCC mise sur une mobilisation citoyenne pour exiger plus de transparence et d’efficacité.
L’organisation estime qu’une pression constante pourrait contraindre les autorités à rétablir un service d’éclairage public fiable et conforme aux attentes de la population.
Cink Inkonge
MediaCongo Press
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