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Nord et Sud-Kivu : enlèvements, assassinats et répression des journalistes dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23

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L’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la dégradation alarmante de la situation des droits humains dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 30 janvier 2026, l’organisation dénonce de graves violations perpétrées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans des zones sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23, appuyés, selon l’ONG, par des supplétifs des Forces de défense rwandaises (RDF).

Selon l’Acaj, le 28 janvier 2026, Mapendo Kasole Christelle, enceinte de sept mois, a été enlevée aux environs de 19 heures dans le quartier Nyabushongo, alors qu’elle regagnait son domicile après une visite à l’hôpital où était interné son époux, récemment torturé par les mêmes éléments armés. Son corps sans vie a été découvert le lendemain matin, le 29 janvier, dans le quartier Nyiragongo, à proximité immédiate d’une position de l’AFC/M23.

Ce crime, qualifié d’odieux par l’Acaj, s’inscrit dans un climat de terreur généralisée qui prévaut dans les zones occupées. Quelques jours auparavant, le 26 janvier 2026, des éléments du même groupe rebelle se seraient introduits dans les installations de la société Vodacom, provoquant une interruption du réseau de télécommunication dans l’ensemble de la province du Nord-Kivu, affectant gravement les communications civiles et humanitaires.

Un journaliste arrêté et détenu au Sud-Kivu

Au Sud-Kivu, la situation des libertés fondamentales, en particulier celle de la presse, suscite de vives inquiétudes. Le 28 janvier 2026, Samson Fabrice, directeur de la radio communautaire Flash FM émettant à Kamanyola, a été arrêté par des éléments de l’AFC/M23.

Selon plusieurs sources locales, il lui est reproché d’avoir partagé sur son statut WhatsApp la photo de l’ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Peter Chirimwami, décédé quelques jours avant la chute de Goma. À ce jour, le journaliste demeure en détention, illustrant une campagne d’intimidation, d’arrestations arbitraires et de censure visant les professionnels des médias dans les zones sous occupation rebelle.

Appels pressants à la communauté nationale et internationale

Face à ce qu’elle qualifie de violations massives et systématiques, l’Acaj condamne fermement les agissements de l’AFC/M23 et exige de ses responsables le respect strict des instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux relatifs à la protection des droits humains.

L’organisation appelle la Monusco à exercer pleinement son mandat de protection des populations civiles, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle encourage également les acteurs étatiques et non étatiques à poursuivre la documentation rigoureuse de toutes les violations commises dans les territoires occupés.

Enfin, l’Acaj exhorte la communauté internationale à prendre des mesures concrètes et urgentes afin d’assurer l’application effective des résolutions du Conseil de sécurité relatives à l’agression de la RDC par le Rwanda, et à la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes graves.

 

Joslin Lomba

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