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Sankuru : polémique autour des 155 610 USD exigés par la CENI pour élire un gouverneur

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La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a fixé à 155 610 dollars américains le coût de l’organisation de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru. Un montant qui suscite une vive controverse au regard de la nature du scrutin concerné.

Contrairement à une élection générale, il s’agit ici d’un scrutin indirect, appelé à se tenir à Lusambo, impliquant uniquement 25 députés provinciaux.
Une configuration qui, selon plusieurs observateurs, ne justifie pas une telle enveloppe budgétaire.

Des estimations largement divergentes

D’après une évaluation basée sur les besoins opérationnels réels, le coût d’une telle élection oscillerait entre 10 000 et 20 000 USD. Cette estimation prend en compte plusieurs postes de dépenses essentiels :

  • Matériel électoral (bulletins, urnes, isoloirs, encre, formulaires) : 1 000 à 1 500 USD ;
  • Per diem du personnel de la CENI (7 agents pendant 4 jours) : 3 360 USD ;
  • Transport (Kinshasa–Lusambo et fret) : 2 000 à 4 000 USD ;
  • Hébergement et restauration : 1 500 à 2 500 USD ;
  • Sécurité et logistique : 1 500 à 2 500 USD.
  • Total estimé : entre 10 000 et 20 000 USD.

Des recettes importantes issues des candidatures

En parallèle, les recettes générées par les cautions de candidature apparaissent significatives. Avec 11 candidats ayant chacun versé un minimum de 10 000 USD non remboursables, le total atteint 110 000 USD.

Selon ces projections, l’opération pourrait même dégager un excédent net compris entre 90 000 et 100 000 USD au profit du Trésor public.

Un budget en décalage avec les prévisions parlementaires

Le Parlement avait pourtant alloué un budget global de 75 000 USD pour l’ensemble des élections provinciales de 2026, incluant les scrutins des gouverneurs et vice-gouverneurs. Une enveloppe justifiée par le caractère indirect et limité de ces élections.
Dans ce contexte, la somme exigée pour la seule province du Sankuru dépasse non seulement les estimations techniques, mais également le budget total prévu pour toutes les provinces.

Blocage du processus électoral

Ce différend financier a conduit au report de l’élection du gouverneur du Sankuru, initialement prévue comme la première échéance provinciale de l’année 2026.

Dans un communiqué daté du 23 mars 2026, la CENI qualifie ce montant de « prévisions opérationnelles », une formulation qui alimente davantage les interrogations sur la transparence et la justification des coûts avancés.

Des interrogations sur la gestion des fonds

Plusieurs questions émergent :

  • Les per diem du personnel sont-ils surévalués ?
  • Les marchés de transport et d’hébergement respectent-ils les prix du marché ?
  • Le matériel électoral fait-il l’objet de surfacturation ?
  • En l’absence de clarifications détaillées, certains observateurs dénoncent une possible dérive financière.

Un enjeu de gouvernance publique

Pendant ce temps, la province du Sankuru reste sans gouverneur élu. Une situation qui intervient dans un contexte national marqué par des défis socio-économiques majeurs, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des infrastructures.

Face à cette controverse, des voix s’élèvent pour réclamer un audit indépendant des dépenses électorales. L’objectif est de garantir une utilisation transparente et rationnelle des ressources publiques.

 

LM

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